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 Légendes européennes.

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cosmos1
Le Pédagogue
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Pays : Belgique
Localisation : Binche
Humeur : Bonne

MessageSujet: Légendes européennes.   26.07.11 7:27

Bonjour à tout le monde, comme promis, voici la légende de Lorelei et Rhénanes. Je n'ai jamais trop de temps et c'est une sorte de bienvenue Lorelei.


Loreleï est une jeune fille qui, assise sur le rocher du même nom, chante magnifiquement. Les marins passent en bateaux et l'entendent. Ils sont comme envoutés par ce chant si beau, si mélodieux, qu'ils en oublient les courants du Rhin et chavirent.
À l’origine, la Loreleï a été conçue pour symboliser l’amour passionnel dans la littérature : dans une ballade (Zu Bacharach am Rheine..., 1801) du poète rhénan Clemens Brentano, la Lorelei apparut d’abord comme le nom d’une femme. Laure Lay a été trompée par son amant. Sur le chemin du cloître, elle veut jeter un dernier regard du rocher sur son château. Alors qu’elle pense voir un bateau s’éloigner, elle tombe dans le fleuve.
Brentano a écrit plusieurs variations du thème de la Loreleï. Le motif d’une femme blonde et malheureuse qui se peigne sur un rocher, apparaît pour la première fois dans son conte rhénan à partir de 1810.
Plus tard, elle passa d’un fantôme à une femme fatale. À la fin du xixe et au début du xxe siècle, elle prit pour quelques poètes la fonction de symbole national, semblable aux Valkyries. La littérature du xxe siècle se détourna de cette interprétation. Elle apparait sous de nombreuses formes dont certaines sont ironiques, et perpétue ainsi le mythe de la Lorelei.
En France, elle est surtout connue à travers le poème de Guillaume Apollinaire, La Loreley que l'on retrouve dans le recueil Alcools et qui est en fait une traduction/adaptation du poème de Brentano 2, ou encore dans Lorely de Gérard Labrunie dit Gérard de Nerval lors du récit de son voyage sur les bords du Rhin. Alors que pour d'autres, plus intéressés par la musique que par la littérature, Lorelei, la fée du Rhin, sera évoquée à travers des chansons comme Lorelei Sebasto Cha de Hubert Félix Thiéfaine, Laura Lorelei de Jacques Higelin, Loreley du groupe allemand Dschinghis Khan, When Mermaid's Cry de Eagle Eye Cherry, mais également par des artistes tels que The Pogues, Cocteau Twins, Theatre of Tragedy, Styx... Dans un autre registre, Roger Leloup, l'auteur belge de bandes dessinées, y fait de nombreuses références dans le deuxième album de Yoko Tsuno : L'Orgue du diable. Plus récemment, le groupe Scorpions en a tiré le titre du même nom dans son album Sting in the Tail


Lorelei (ou Loreley ou Loreleï) est le nom d'un rocher qui culmine à 132 mètres au-dessus du Rhin à proximité de Sankt Goarshausen (Saint Goarshausen en français) en Allemagne (Rhénanie-Palatinat)1. C'est l'endroit le plus étroit du fleuve entre la Suisse et la mer du Nord. L'avancée du rocher réduit d'un quart la largeur du fleuve. Le courant très violent et les nombreux rochers immergés ont causé de nombreux accidents de navigation1.
Loreley est aussi le nom d'une nixe (nymphe de la mythologie germanique) qui attire les navigateurs du Rhin à la perdition par ses chants, comme les sirènes de la mythologie grecque ancienne.
Cette légende de la Lorelei sur son rocher a inspiré de nombreux artistes, dont le poète allemand Heinrich Heine qui écrivit en 1824 l'histoire (Die Lore-Ley) qui sera mise en musique et popularisée par le compositeur Friedrich Silcher.
Le rocher de la Loreley est maintenant un site touristique très fréquenté, tant pour la beauté des lieux que pour la légende qui l'entoure.


Source : Wikipédia

ZOUZOU


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manae
le Génie
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Pays : France
Localisation : Entre Ciel et Terre

MessageSujet: Re: Légendes européennes.   26.07.11 15:09

C'est intéressant de voir l'origine des légendes, comme quoi l'imagination des écrivains peut parfois y être pour quelque chose, et l'imagination collective fait le reste
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soeur louve
le Génie
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Pays : Nouvelle Calédonie
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MessageSujet: Re: Légendes européennes.   27.07.11 8:26

Un grand merci Cosmos !
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soeur louve
le Génie
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Pays : Nouvelle Calédonie
Localisation : Rhône Alpes

MessageSujet: Re: Légendes européennes.   27.07.11 11:00

Cosmos, une légende ou un conte avec 3 pièces d or, ça te dit quelque chose ? C est parce que j ai eu un signe qui disait cela, 3 pièces d or...
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cosmos1
Le Pédagogue
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Pays : Belgique
Localisation : Binche
Humeur : Bonne

MessageSujet: Légende d'Europe.   27.07.11 11:37

Bonjour à tout le monde.

Jean aimait Françoise, qui habitait le village voisin, et Françoise aimait Jean. Alors, me direz-vous, rien ne faisait obstacle à leur bonheur. Eh bien si, justement. Et voici pourquoi
Françoise était la fille d'un riche paysan, tandis que Jean était très pauvre. Or, un jour, Jean rassembla tout son courage, revêtit son habit du dimanche et alla demander aux parents de Françoise la main de leur fille. Mal lui en prit. En guise de réponse, Maître Thomas, le père de Françoise, l'empoigna à l'épaule, lui fit faire un demi-tour et le précipita dans l'escalier. Le pauvre Jean se retrouva assis sur le seuil, ne comprenant pas ce qui lui était arrivé.
"Que vont dire les gars du village quand ils apprendront que le père de ma bienaimée m'a jeté à la porte! Ils vont se moquer de moi! Puisque c'est ainsi, je n'irai plus jamais à la kermesse, je n'irai plus à aucune réunion, et je ne danserai plus jamais ni la bourrée ni la gigue!" Voilà ce que Jean se disait sur le chemin du retour. Et il devint de plus en plus triste jusqu'à ce que, n'y tenant plus, il laisse éclater son chagrin.
Pour dire la vérité, il bêlait et meuglait, plus qu'il ne pleurait: "Meuh! Meuh! Bêê! Bêê!" On eut dit le mugissement du vent par un jour de tempête!
Et cela devait s'entendre de loin, car le vieux berger, qui dormait dans sa cabane à plusieurs centaines de mètres de là fut réveillé par ces cris
- Meuh! Meuh! Bêê! Bêê!
- Qu'as-tu à crier comme un écorché, Jean- demanda le berger lorsqu'il l'eut rattrapé sur la route.
- Meuh! Meuh! Bêê! Bêê!
- Allons! Arrête de bêler ainsi! Dis-moi plutôt pourquoi tu te lamentes de la sorte!
- Je suis allé chez le père Thomas pour lui demander la main de sa fille et il m'a . . . meuh! meuh! . . . il m'a jeté dehors!
- C'est sûrement parce que tu n'as pas un sou vaillant, mon petit Jean!
- Oui, je sais! Meuh! Meuh! Bêê! Bêê!
- Ne pleure plus, mon garçon. Je vais te donner quelque chose qui le fera changer d'avis.

Le berger sortit de sa besace un petit sac de toile qui contenait une poudre rouge comme du sang.
- Et maintenant écoute bien pour savoir comment te servir de cette poudre, lui dit le berger. Et il expliqua à Jean ce qu'il devait faire.
Vous aimeriez bien savoir ce qu'il lui dit, n'est-ce pas- Patience, vous comprendrez bientôt!
Toujours est-il qu'après avoir quitté le berger, Jean tourna sur lui-même comme une toupie et retourna d'où il venait: le village où habitait Françoise. Avant d'entrer dans la maison, il cura sa pipe.
Françoise était justement seule dans la maison. Elle était occupée à la cuisine.
- Françoise, ma pipe s'est éteinte en chemin. Puis-je la rallumer dans votre cheminée- demanda Jean de l'air le plus désinvolte qu'il put.
- C'est pour cela que tu es revenu- Et notre mariage- Tu ne sembles guère t'en soucier!

- Oh, ce n'est rien du tout, crois-moi! Tu ne devrais pas trop t'en inquiéter, chère Françoise. Ton père finira par changer d'avis, tu verras!
- Ah oui- Eh bien je suis curieuse de voir comment tu vas t'y prendre!
- Tu le sauras bientôt. Mais plus tard, Françoise, plus tard! Pour l'instant, je veux seulement rallumer ma pipe, ensuite je partirai.
À ces mots, Françoise tourna les talons et alla dans le jardin. Peut-être avait-elle vraiment besoin de cueillir du persil, mais surtout, il lui fallait de l'air, car la désinvolture de Jean la mettait en colère.
Jean s'approcha de la cheminée, attrapa un morceau de braise avec les pinces et alluma sa pipe, mais jeta en même temps un peu de poudre rouge dans les flammes. Puis il sortit de chez Françoise et retourna chez lui.
Lorsque Françoise retourna dans la cuisine, il lui sembla que le feu faiblissait, c'est pourquoi elle se pencha et souffla dessus pour le ranimer. Il se produisit alors une chose peu ordinaire: dès qu'elle eut soufflé sur le feu, elle se mit à crier, malgré elle
< Piou ! Piou ! Piou !" comme font les fermières pour appeler leurs poussins. Mais comme ce < piou-piou" ne s'arrêtait pas, elle courut, affolée, chercher sa mère qui tricotait dans la pièce voisine.
- Maman, maman, piou, piou, piou, je ne sais pas, piou, piou pion, ce qui m'arrive! Depuis un moment, piou, piou, piou, je ne peux plus dire autre chose que piou, piou, piou, et c'est, piou, piou, piou, affreux!
- Et tu dis que ce piou-piou te tient depuis que tu as soufflé sur le feu- s'étonna la paysanne, lorsque sa fille lui eut tout raconté. "Je ne comprends pas, poursuivit sa mère. Il ne m'est jamais arrivé une chose pareille!" Et elle se pencha à son tour au-dessus du foyer et souffla à pleins poumons, jusqu'à devenir toute rouge.
- Eh bien tu vois, ma fille, piou piou . . . non, Ça n'est pas, piou, piou, piou, possible! Moi aussi je fais piou, piou, piou !
Naturellement, la paysanne n'était pas très fière de ce qui lui arrivait, aussi décida-telle de ne plus ouvrir la bouche. C'est alors que le père Thomas rentra et demanda ce qu'il y avait pour le déjeuner. Sa femme lui fit comprendre par quelques grimaces qu'il devrait ranimer le feu, car il était en train de s'éteindre.
Le paysan ne trouva rien de mieux à faire que de souffler sur les braises le plus fort possible, comme l'avaient fait sa fille et sa femme. Et qu'aurait-il pu faire d'autre- Il n'y a rien de tel qu'un bon souffle pour faire repartir les flammes!
À peine se fut-il relevé que le "pioupiou" se fit à nouveau entendre: il était atteint lui aussi. Alors, la mère et la fille sortirent brusquement de leur mutisme pour raconter cc qui s'était passé.
- Un mauvais génie, pion, piou, piou, a dû s'installer dans notre cheminée, piou, piou, piou, à moins que ce ne soit, piou, piou, piou, le diable lui-même! Je vais chercher le curé, pion, piou, piou, qui va chasser ce mauvais esprit, piou, piou, piou! décida le père Thomas.
En fait, le prêtre du village voisin n'avait nullement envie de sortir de chez lui pour aller chasser un mauvais esprit d'une cheminée. Après tout, le diable devait bien savoir ce qu'il faisait! Le prêtre se leva très lentement de sa chaise, comme si quelque force cachée sous la table tirait sur sa soutane. Lorsqu'il fut enfin debout, prêt à suivre le paysan, il avala trois verres de cidre pour prendre des forces avant sa séance d'exorcisme.
Au début, tout se passa le mieux du monde. Mais quand le prêtre se pencha audessus du feu pour que le diable l'entende mieux, le "piou-piou" lui vint tout de suite à la bouche, si bien que l'on ne comprit plus un traître mot de ses imprécations. Voyant cela, le prêtre déclara qu'il n'était pas en son pouvoir de désensorceler cette cheminée. Haussant les épaules d'un air navré, il prit congé de la famille Thomas.
L'histoire ne nous dit pas s'il but encore quelques verres de cidre avant de partir. Mais c'est bien possible, car il fallait qu'il fasse passer ce < piou-piou" qu'il avait encore en travers de la gorge.
- Bonjour, mon Père, lui dit le vieux berger lorsqu'il le croisa sur la route. Vous avez l'air souffrant.
- Oh, ne m'en parle pas, piou, piou, piou! Cela fait plus d'une heure que, piou, piou, piou, je suis entre les griffes du diable, piou, pion, piou, qui m'oblige à répéter ce piou, pion, piou !
- Pas possible, mon Père! s'exclama le berger, feignant l'étonnement. Je connais bien un remède, mais je ne peux pas vous le prescrire seul, il faut être deux pour cela. J'ai besoin de Jean, un gars de votre village,mon Père! Si le père Thomas lui donne la main de sa fille, je vous guérirai en un tour de main!
- Et c'est, piou, piou, piou, tout-
Le brave curé fit vivement volte-face et retourna à grands pas chez la famille Thomas.
Le prêtre et le père Thomas eurent une longue conversation interrompue d'innombrables "piou-piou" qui s'entendaient de très loin, car leurs voix résonnaient dans la cour. Mais à la fin le père de Françoise accepta: il promit et jura qu'il donnerait à Jean la main de sa fille.
Et grâce à sa poudre de couleur rouge sang, le berger fit sortir le mauvais esprit "piou-piou" de toutes les bouches où il s'était installé, et ce pour toujours! Quelques jours plus tard, on célébra les noces de Françoise et Jean. Inutile de vous dire que le prêtre et le berger étaient de la fête!


Soeur Louve, je vais regarder à cette légende ce soir. Je te dirais quoi demain.
ZOUZOU


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cosmos1
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MessageSujet: Légende d'Europe.   27.07.11 11:38



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soeur louve
le Génie
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MessageSujet: Re: Légendes européennes.   27.07.11 11:48

Elle est très drôle, merci !
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manae
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MessageSujet: Re: Légendes européennes.   27.07.11 17:32

Elle est vraiment drôle ton histoire, merci cosmos !
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cosmos1
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MessageSujet: Légende d'Europe.   28.07.11 6:18

Bonjour tout le monde. Je ne pouvais passer sous silence cette légende, mais est-ce réellement une légende ou bien une réalité ? Que soit, personne ne le saura jamais et encore maintenant, beaucoup de gens se posent la question.



La Bête du Gévaudan serait un animal à l'origine d'une série d'attaques contre des humains survenues entre le 30 juin 1764 et le 19 juin 1767. Ces attaques, le plus souvent mortelles, entre 88 à 124 recensées selon les sources, eurent lieu principalement dans le nord de l'ancien pays du Gévaudan (qui correspond globalement à l'actuel département de la Lozère). Quelques cas ont été signalés dans le sud de l'Auvergne, et dans le nord du Vivarais et du Rouergue.
La « Bête du Gévaudan » dépassa rapidement le stade du fait divers, au point de mobiliser de nombreuses troupes royales et de donner naissance à toutes sortes de rumeurs, tant sur la nature de cette « bête » – vue tour à tour comme un loup, un animal exotique et même un loup-garou, voire un tueur en série à une époque plus récenteN 3 — que sur les raisons qui la poussaient à s'attaquer aux populations — du châtiment divin à la théorie de l'animal dressé pour tuer.
De 1764 à 1767, deux animaux (l’un identifié comme un gros loup, l'autre comme un canidé s'apparentant au loup) furent abattus1. Le gros loup fut abattu par François Antoine, porte-arquebuse du roi de France, en septembre 1765, sur le domaine de l'abbaye royale des Chazes. À partir de cette date, les journaux et la cour se désintéressèrent du Gévaudan, bien que d'autres morts attribuées à la Bête aient été déplorées ultérieurement. Le second animal fut abattu par Jean Chastel, enfant du pays domicilié à La Besseyre-Saint-Mary, le 19 juin 1767. Selon la tradition, l'animal tué par Chastel était bien la Bête du Gévaudan car, passé cette date, plus aucune mort ne lui fut attribuée.


Source : www.wikipédia.org

ZOUZOU


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cosmos1
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MessageSujet: Légende d'Europe.   29.07.11 6:40

Bonjour à toutes et tous. Une légende belge.


La légende du renard

1580

C'était la veille de Noël, à Visé

ce 16e siècle tout empreint

de superstitions. La nuit est tombée.

Une fine couche de neige recouvre

les toits de chaum. Dans une maison,

à l'enseigne du Mouton Noir,

où chaque jour, amis et parents

se réunissent pour la size la soirée commence.



Une joie toute particulière règne parmi

l'assemblée. Tous allaient assister

à la messe de minuit, admirer les

décorations de l'église. Ils adoraient

le bambin couché entre le boeuf et

l'âne. Ils entonneraient les vieux

chants de Noël wallons si touchant.

Puis, ils s'en retourneraient en bandes

joyeuses pour se régaler des crêpes

préparées par les femmes.



Dans la cuisine, mamans et fillettes

s'affairent autour du fourneau. Près de

l'âtre, où de grosses bûches dégagent

une douce chaleur, les hommes sont

assemblés et dans cette nuit du

Mystère, les souvenirs reviennent

en mémoire.

Le plus âgé, Norbert, prend la parole

et raconte une vieille histoire qui

tout de suite captive l'assembée.

Je me souviens, dit-il, que mon

père André, qui n'avait peur de rien,

me racontait souvent une chose étrange,

que je n'ai pas voulu vérifier. Il affirmait

qu'à l'endroit dénommé Croix Renard,

avait lieu chaque année, la nuit de

Noël, à minuit, une apparition étrange.

Venant dont on ne sait où, un grand

renard aux yeux noirs comme la nuit,

apparaissait brusquement dans le

carrefour sans laisser de traces sur

la neige. C'était, paraît-il, le diable

incarné, furieux de la naissance

du petit Jésus qui allait sauver les âmes

et le priver ainsi de ses proies.

Malheur à l'infortuné qui traînait

dans les parages!



Un vieux sage, avait dit à mon père

qu'il connaissait le moyen de

détruire le diable. Il fallait présenter

au renard noir une poule aussi

noire que lui. Ainsi on le tenait à sa merci.

Il a même assuré que celui qui serait

assez hardi pour attraper le diable

recevrait, en retour, le secret pour

fabriquer de l'or, il pourrait ainsi devenir

l'homme le plus riche du pays.

Moi, dit le vieux, je préfère y croire

que de vérifier moi-même.



Ce récit avait jeté un trouble sur l'assistance.

La volée des cloches sonnant gaiement,

appelait les fidèles à la messe de minuit.

Des bandes joyeuses se formaient et se

dirigeaient vers l'église. Cependant,

Etienne, un vieux jeune homme ne les

suivit pas, il bifurqua vers le plateau de

Lorette. Il annonça aux autres

qu'il voulait éclaircir l'histoire du Renard.

Il allait s'embusquer dans les

buissons pour voir ce qu'il se passerait.

Les avertissements des vieux, les pleurs

des femmes, rien n'y fit, il monta la

colline. Très inquiets, ses compagnons

se rendirent à l'église.



Au retour de l'office, les Visétois se

rassemblèrent afin d'attedre l'imprudent.

En vain, ils attendent le lever du jour.

Armés de bâtons et de fourches, un groupe

d'hommes se dirgea vers le carrefour

de la Croix Renard.



Un spectacle saisissant les attend. Les

bras en croix, couché sur la neige.

Etienne gît mort. Aucune trace!

Rien ne peut les renseigner sur ce qui

s'est passé. Seules deux morsures

bleues apparaissaient au cou du

brave garçon...

La marque des dents du Malin!...

Plus tard, on plaça une croix de pierre

pour immortaliser cette nuit abominable.

(Cette croix et cette légende, on en parlait

déjà dans les registres du 16e siècle:

Li creux di Renar)

Un élément de cette croix existait encore

dans les années 1930.



Source : http://bienvenuechezalexandra.chez.com

ZOUZOU


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manae
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MessageSujet: Re: Légendes européennes.   29.07.11 6:50

Qu'est-ce que la size ? la veillée peut-être ?

merci pour ce beau conte
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cosmos1
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MessageSujet: Légende d'Europe.   29.07.11 7:01

Bonjour Manae.
Je dois t'avouer que tu me poses une bonne question. J'ai chercher en vain hier soir après la signification du mot Size et je n'ai rien trouvé ayant un rapport avec les légendes ou des comtes.
ZOUZOU


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cosmos1
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MessageSujet: Légende d'Europe.   30.07.11 6:50

Bonjour tout le monde, aujourd'hui, visite chez nos amis espagnols.


« Par une nuit de pleine lune, sur les falaises qui surplombent la passe de Temao, nombreux étaient les Paumotu de l’île à assister aux manœuvres de ce qu’ils prenaient pour une grande pirogue sans balancier, en fait une brigantine-pirate. Ils distinguaient des hommes habillés de vêtements qu’ils n’avaient jamais vus. Ils se mirent à prier et à invoquer les tout puissants atua maori de leur venir en aide pour repousser les intrus. Les incantations trouvèrent écho auprès des dieux Taaroa, Maui et Vahine car, alors que rien ne le laissait prévoir un fort orage illumina le ciel, le pu’a hiohio [1] se mit à hurler dans les feo. La pluie se déversa à trombes, tandis que le patiri [2] se faisait encore plus assourdissant. Secouée de tous bords par des vagues de plusieurs mètres de haut, la brigantine pirate fut littéralement soulevée, projetée sur le récif, puis engloutie par la mer et les ténèbres.

Quand le nuit eut retrouvé son calme un murmure retentit contre les parois des falaises, une voix très lointaine, incompréhensible, que les falaises répercutaient à travers les feo. Croyant à des varua ino [3] les Paumotu, s’enfuirent se cacher dans les grottes. Seul resta seul sur l’énorme rocher de Makatea, un jeune garçon une quinzaine d’années, Moana tu rai mai [4], qui, quelques années auparavant, avait accosté l’île sur le dos d’un mao (requin). Le dieu Taaroa l’avait sauvé de la mer, et il appartenait à une lignée de arii de la lointaine île de Fakarava.

Moana i tu rai mai écouta encore pendant très longtemps cette voix qui semblait l’appeler, puis se décida à descendre la falaise avec des nape [5]. Arrivé au bas des papa [6], il découvrit le corps d’une femme, allongée sur le récif avec de très longs cheveux et des yeux d’une extraordinaire beauté. Moana i tu rai mai n’eût aucune peine à la porter jusqu’au pied de la falaise à l’abri des vagues. Il veilla toute la nuit sur ce corps inconnu, lui donnant de temps à autre une gorgée de komo viavia [7].

Au petit matin, lorsque l’inconnue se mit à bouger, son premier geste fut de sourire, ce que Moana i tu rai mai reçut comme un signe d’amitié. Bien qu’ils ne purent se comprendre, autrement que par les gestes, ils prirent le sentier menant au village. Les habitants de l’île, tapis derrière les cocotiers, épiaient chaque mouvement du garçon et de cette grande femme blanche inconnue. Surmontant leur peur, les Paumotu s’avancèrent jusqu’à toucher le corps de cette inconnue, qui ne pouvait être qu’une arii vahine [8]. Si elle était auprès d’eux, c’est que les dieux maori l’avaient voulu ainsi en lui sauvant la vie des furies de la mer. Et c’est ainsi que cette inconnue venue de nulle part devint la princesse de l’île. Du bateau qui la transportait, les habitants de Makatea récupèrent d’énormes coffres, lesquels renfermaient un trésor inestimable.

Elle vécut des jours heureux à Makatea. A sa mort, son corps fut momifié et transporté à Moumu, de l’autre côté de Temao. Près de son cercueil, on avait placé ses affaires et les coffres contenant plusieurs objets de valeur ainsi que quatre autres cercueils. La légende dit que quatre personnes qui partagent la grotte sont ses gardiens, dont son ami Moana i tu rai mai. Aujourd’hui, cette princesse inconnue (il semble que ce serait une princesse espagnole) veille toujours sur le trésor de Makatea. On raconte également à Makatea, que ceux qui ont voulu s’accaparer ce trésor ont été frappés par la malédiction. »

D’après un article de François Nanai, La Dépêche de Tahiti du 7 novembre 1980.
[1] tourbillon

[2] tonnerre

[3] feux follets

[4] Moana venu de la mer

[5] corde tressée avec de la aune de coco

[6] rocher plat et dur

[7] eau de coco

[8] princesse


J'ai mis les traductions en-dessous

Source : http://www.makatea.pf

ZOUZOU


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manae
le Génie
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MessageSujet: Re: Légendes européennes.   30.07.11 8:41

je ne connaissais pas du tout cette belle légende
merci encore cosmos pour ces belles découvertes
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cosmos1
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MessageSujet: Légende italienne.   31.07.11 7:51

Bonjour tout le monde.

La robe merveilleuse



C'était la petite fille la plus pauvre du monde. Elle ne possédait rien, pas même une poupée de chiffons, pas même d'images. Elle n'avait qu'une seule robe et, quand sa mère la lui lavait, elle devait rester au lit pour attendre qu'elle fût sèche.

Un soir, la mère regarda en soupirant la fillette endormie, puis son regard se porta sur une pauvre guenille bleue pliée avec soin sur un tabouret, et elle songea que l'enfant avait besoin d'une robe neuve.

Mais comment une pauvre mère qui travaille tout le jour pour gagner du pain peut-elle trouver l'argent nécessaire pour acheter une robe ? Elle ouvrit la fenêtre, contempla la campagne en fleur, à la clarté de la lune et pensa : " Quelqu'un me donnera sûrement une robe pour mon enfant."

Elle sortit sans bruit, referma la porte et alla à la recherche d'une robe. A peine était-elle sur la route qu'elle rencontra un magnifique rayon de lune.

- Douce lune, dit la mère, veux-tu me faire de tes rayons une robe pour mon enfant ?

- Je le ferais volontiers, répondit la lune gentiment, mais les hommes se plaindraient ensuite de ma lumière pâlie. Cherche ailleurs ;

La mère s'éloigna en soupirant. Elle entendit alors le rossignol chanter dans la forêt d'une voix si douce qu'il semblait vouloir exprimer toute la tendresse d'un coeur. Emue, elle lui demanda :

- Cher petit rossignol, veux-tu de tes chants, faire une robe pour mon enfant ?

- Je regrette beaucoup, répondit le rossignol, mais, si je ne pouvais plus chanter, la nature perdrait son plus grand charme et tous les êtres se plaindraient. Cherche ailleurs;

La mère s'éloigna de nouveau en soupirant. Elle tenait la tête baissée et regardait les fleurs aux brillantes couleurs qui s'épanouissaient sur le bord du chemin. Et elle dit aux fleurs d'une voix caressante :

- Petites fleurs, voulez-vous me donner vos pétales pour que j'en fasse une robe pour mon enfant? Je vous en serais si reconnaissante ! mon enfant a absolument besoin d'une robe.

- C'est bien malheureux, murmurèrent les fleurs, mais, si nous te donnions nos pétales, c'est nous qui resterions sans vêtements. Et, alors, que deviendraient les sentiers et les prairies sans fleurs ? Cherche ailleurs.

Déçue, découragée, la pauvre mère s'éloigna. Elle arriva au bord de la rivière et regarda ses eaux tranquilles qui passaient en babillant. Elle l'interpella en ces termes :

- Rivière parfumée de menthe et de genièvre, qui descends des fraîches montagnes, je te prie, fais-moi de ton eau une robe pour mon enfant.

- Je ne le puis, répondit la rivière, je suis pressée car je dois aller très loin. Cherche ailleurs.

La mère repartit, désolée. Tout espoir l'abandonnait et elle songeait au retour. Mais voici que, devant elle, une sauterelle gambadait joyeusement, la regardant de ses petits yeux étonnés.

- Je te prie, gaie sauterelle, dit la mère soudain consolée, de ta joie fais une robe pour mon enfant qui en a absolument besoin.

- Bé ! Qui donc se priverait de sa propre joie ? répondit la sauterelle d'une voix stridente, ce serait bien stupide. Cherche ailleurs.

Et la sauterelle s'en alla en gambadant.

Alors la mère, le coeur plein de tristesse, songea à retourner à la maison; aucune créature, dans cette nuit lumineuse, n'avait eu pitié d'elle et de son enfant. Elle jeta un regard autout d'elle pour chercher un autre sentier, car elle ne voulait pas se retrouver parmi ces êtres restés insensibles à sa requête.

Et voici qu'en passant à côté d'une masure déserte et presque en ruine elle entendit un gémissement lugubre qui venait de ces vieilles pierres noires.

- Qui est-ce qui gémit ainsi ? demanda-t-elle.

- C'est moi, le hibou, répondit la triste voix. Je suis toujours seul; personne ne m'aime parce que je suis aussi laid que ma voix; et toi, qui es-tu ?

La mère s'approcha d'une fenêtre sur le rebord de laquelle perchait le hibou; il la regardait de ses yeux mélancoliques au fond desquels brillait une lueur.

- Je suis la mère de la petite fille la plus pauvre du monde, dit-elle, et je cherche une créature assez bonne pour me donner une robe pour mon enfant qui en a si grand besoin. Mais, jusqu'à présent, tout le monde m'a repoussée. Je dois donc rentrer à la maison et me remettre à raccommoder avec une patience infinie la pauvre vieille robe.

Et la pauvre mère poussa un soupir. Il ne lui était pas venu à l'esprit de demander son aide au hibou, ce pauvre être déshérité, misérable et solitaire.

- Je n'ai rien à te donner, reprit le hibou, car je suis aussi pauvre que toi. Mais ma compassion est si grande qu'elle pourrait suffire à faire une robe pour ton enfant.

Et le hibou se mit à pleurer; ses larmes brillantes tombaient en abondance aux pieds de la pauvre mère. Et peu à peu elles se transformèrent en une sorte de resplendissant tissu de diamants. La mère le ramassa, émerveillée, émue, heureuse. Le pauvre hibou avait donné sa compassion, la seule richesse qui n'appauvrit pas celui qui s'en prive, mais qui, au contraire, l'enrichit toujours davantage, comme la source vive, qui, plus elle donne d'eau, plus elle en a !

La mère courut porter à la maison la robe merveilleuse.

Et, le lendemain, il n'y avait pas une seule petite fille riche qui eût une robe aussi belle.

- Mais ce sont des diamants, ce sont des diamants ! s'exclamaient les gens qui s'attroupaient dans la rue pour admirer et pour toucher la robe merveilleuse.

Personne ne s'apercevait que c'étaient seulement des larmes de compassion.



ZOUZOU


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MessageSujet: La source   31.07.11 7:53

Bonjour, j'ai oublié de citer ma source : http://michellehautmont.e-monsite.com
BM


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manae
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MessageSujet: Re: Légendes européennes.   31.07.11 13:43

Quelle merveilleuse histoire !
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MessageSujet: Légende d'Europe.   01.08.11 7:18

Bonjour à tout le monde.

Après tout, la Belgique et les Pays-Bas étant fort proche, pourquoi ne pas parler du Sint-Niklaas ou de St Nicolas. Éloignez vos enfants de ce post...


Dans ce musée d’Utrecht consacré à l’art religieux, l’exposition sur le Saint patron des enfants est ouverte
pendant 6 semaines.
"Nous avons déjà eu 10.000 visiteurs avant l’arrivée de St Nicolas dans le pays. Nous ne nous y attendions pas, "
raconte une enthousiaste Billie-Jo Krul, organisatrice de l’exposition. "Nous voulons montrer que St Nicolas ici
est un Saint très populaire et que la fête de Saint Nicolas existe déjà depuis longtemps."
Légende
Saint Nicolas est représenté sur des peintures du XVème siècle, que nous avons empruntées par exemple au
Musée Uffizi de Florence et aux musées du Vatican.
Nous pouvons voir comment le bébé Nicolas le jour de sa naissance se tient debout dans le bain, les mains
jointes vers Dieu, qui lui a donné la vie. C’est l’une des nombreuses légendes qui existent sur le pieux et
généreux Nicolas.
Etant donné que Nicolas est né aux alentours de l’an 280 - il est devenu par la suite évêque de Myre en Turquie
et mourut en l’an 350 – ces peintures montrent qu’il continue à exister, même après plus de 1.000 ans.
On peut voir "la fête de Saint-Nicolas", un vrai tableau du XVIIème siècle du peintre hollandais Jan Steen. Saint
Nicolas est devenu l’ami des enfants qui, la veille de sa fête, distribue des cadeaux aux enfants dans toutes les
maisons.
Hit-parade
Son valet Zwarte Piet est arrivé seulement aux alentours de 1850, ainsi que le montre l’exposition, après la
parution du livre sur Saint Nicolas, écrit par l’instituteur hollandais Jan Schenkman.
Les légendes et les histoires autour de Saint Nicolas se sont toujours étoffées au fil des temps. Beaucoup
d’enfants aux Pays-Bas savent que son cheval s’appelle Amerigo et qu’à la maison, Saint Nicolas porte une sorte
de béret de base-ball sur la tête à la place de sa mitre. Ses aventures sont filmées tous les jours sur différents
canaux TV. Saint Nicolas est au sommet du hit-parade des programmes télévisés pendant cette période de
l’année.
Et la moitié des Pays-bas fête la Saint-Nicolas le soir du 5 décembre, avec des cadeaux, du chocolat chaud et des
gâteaux aux épices (speculaas). Le Saint catholique est le bienvenu dans toutes les familles. Non seulement chez
les Néerlandais de souche, mais aussi chez les immigrés.


ZOUZOU


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MessageSujet: Légende d'Europe.   02.08.11 7:19

Bonjour à toutes et tous, nous partons pour le Royaume Unie (la Grande Bretagne).
Près de Flodigarry dans le Nord de l’Ile, quand on traverse les butes et les cuvettes, l’on tombe sur le Loch Sheanta aussi appelé le Lac de l’Enchantement. Ce lac est décrit en 1703 par l’auteur Martin Martin comme la plus célèbre source de l’Ile de SkyeA chacune de ses extrémités, le loch est alimenté par deux sources d’une extrême pureté et clarté. Ce sont elles qui lui donnent ses eaux transparentes et ses reflets bleu turquoise qui proviennent des profondeurs.

Bien que retiré, il était connu dans les environs pour avoir des eaux magiques pour quiconque serait malade et selon Martin Martin, il y avait plus d’étrangers que d’habitants qui venaient profiter de ses vertus curatives. Il existait un rituel : les invalides faisaient trois fois le tour de la source dans le sens des aiguilles d’une montre après avoir bu de son eau, et faisait une offrande avec un morceau de vêtement, des fils colorés ou des pièces d’argent.
.Toujours selon Martin Martin, bien que ce lac soit remplit de truites, personne n’a jamais osé les attraper, au même titre que personne n’aurait jamais coupé les bosquets qui l’entoure « par peur d’un châtiment venant d’en haut ».

Certains pensent que la source, le lac, les poissons ainsi que les bosquets des environs sont des reliques d’un ancien emplacement païen de vénération qui à l’époque, aurait survécu malgré l’étendu du Christianisme. De nos jours la crainte qui subsiste de couper les bosquets qui sont autour démontre la persistance de la croyance du caractère sacré des arbres – lesquels étaient adorés et vénérés comme des représentations des esprits ou de certaines divinités sacrées.


Source : http://uklegacies.blogspot.com


ZOUZOU


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MessageSujet: Légende d'Europe.   03.08.11 6:58

Bonjour à toues et tous. Pour cette légende, nous nous rendrons au Portugal.


La légende "Le Coq du Bonheur"

Un jour un meurtre fut commis. Qui en était le criminel ? Certains disaient que le jour du crime, un pPlerin espagnol, de passage dans un village portugais, avait été vu aux environs, et diverses circonstances l'inculpaient, l'espagnol criait de son innocence, mais n'avait pas de preuve.

ArrLté, il fut alors condamné B la pendaison.

Le pauvre bonhomme plaidait de son innocence, mais sans effet. Comme derniPre faveur, il supplia de comparaître encore une fois devant le juge. Celui-ci dînait avec des amis, et devant tout le monde, notre homme une fois de plus déclara son innocence.

" Je ne peux rien faire" de répondre le juge. L'espagnol se croyant abandonné par l'humanité se tourna vers les saints de sa foi.

Inspiré, il s'écria:"Je suis tellement innocent qu'avant de mourir, ce coq rôti commencera B chanter.

"Tout le monde riait...

Le banquet continuait, mais le coq demeurait rôti.

Le soir tomba, les mots de l'homme résonnaient toujours.

Tout B coup, au grand étonnement de tous, le coq rôti s'était transformé et chantait.

Le juge et ses invités s'empressPrent au lieu de la pendaison, juste B temps pour sauver le condamné, le pPlerin fut libéré...

et les foyers portugais avaient désormais une mascotte,le coq en céramique, gaiement décoré...


Source : http://www.creerlecalme.com

ZOUZOU


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MessageSujet: Légende d'Europe.   03.08.11 6:59

ReBonjour,
Dans la légende sur le coq, je tenais à m'excuser, mais j'ai copier l'original sans faire attention aux fautes de frappe qu'il y a dedans.
ZOUZOU


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manae
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MessageSujet: Re: Légendes européennes.   03.08.11 9:34

Elle est marrante cette légende
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MessageSujet: Légende d'Europe.   04.08.11 11:41

Bonjour tout le monde.

Au début de l'an 1000, les habitants de la ville de Coventry en Angleterre menait une existance difficile, étant écrasé sous le poids des impôts que prélevait le Comte Léofric de Chester pour financer ses campagnes militaires. Sa jeune épouse Lady Godiva (Godwa ou Godgifu en saxon) eut pitité de ces gens et implora Léofric de diminuer le taux de taxation. Il accepta à la condition qu'elle traverse nue la place du marché de Coventry, ce qu'elle fit à cheval, sa longue chevelure dissimulant son corps.

Un embellissement plus tardif de la légende raconte que Godiva demanda à tous les habitants de rester chez eux, volets fermés. Et que seul un tailleur appelé Peeping Tom osa regarder la scène par la fente d'un volet. Mal lui en prit, car il perdit aussitôt la vue.


C'est une plus petite légende, mais je dois bien avouer que j'ai pas eu trop le temps de chercher.


ZOUZOU


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MessageSujet: Légende d'Europe.   04.08.11 11:43

Voici la source de la légende précédente.

Source : http://pages.videotron.com


ZOUZOU


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MessageSujet: Légende d'Europe.   05.08.11 12:00

Bonjour à toutes et tous.
La Légende du Tannhaüser

Quand Richard Wagner, en 1842, composa son drame musical de Tannhäuser, il n’était pas encore en pleine possession de toutes les idées qu’il devait plus tard saisir et réaliser avec tant de force, mais elles flottaient déjà dans son esprit, et il avait au moins indiqué, dans le Vaisseau fantôme, celle qui les domine et les résume toutes et qu’il devait plus puissamment incarner dans le Tannhäuser. Je veux parler de cette conception grandiose d’après laquelle la musique, étroitement unie à la poésie et sortant de la même âme, doit être l’interprétation la plus profonde et la plus pathétique du mystère de la destinée humaine, suspendue entre l’amour et la mort, entre l’égoïsme et le sacrifice, entre l’aspiration idéale et la fascination des sens. La musique se prêtait à ce rôle transcendant par son pouvoir unique de soulever au fond des coeurs toutes les vagues des passions humaines et de les apaiser en même temps, de faire tout pressentir sans rien expliquer nettement, d’être ce qu’il y a dans l’art à la fois de plus intime et de plus général, de plus expressif et de plus indéfini. Le drame musical devenait ainsi une sorte de religion : aux plus sublimes révélations des mystères purificateurs il pouvait opposer les orgies les plus déchaînées des bacchanales ; il célébrait sous mille formes diverses la lutte de l’homme et contre les forces aveugles de la nature et contre son propre coeur.

C’est dans les mythes traditionnels, dans les vieilles légendes populaires que cette âme de musique et de poésie étroitement unies devait, d’après Wagner, trouver à s’incorporer. Là, en effet, s’étaient traduites, en des symboles d’autant plus précieux qu’ils étaient à demi inconscients, cette même angoisse de la destinée, cette même recherche du bonheur, cette même lutte entre le désir individuel et l’ordre immuable, cette même succession d’ardent espoir et de morne désenchantement, d’immolation de soi-même et d’immolation des autres, qui constituaient pour le coeur agité et pour la pensée inquiète du maître le drame éternel de la vie humaine comme le drame passager de sa propre vie. L’histoire, où ces éléments ne sont pas moins en jeu, ne lui semblait pas se prêter aussi bien à fournir la base de l’interprétation rêvée : elle précise trop les caractères et les faits, en même temps que les événements y sont trop fortuits et ne naissent pas des données psychologiques et morales, tandis que les mythes et les légendes, n’étant que l’incarnation d’idées et de sentiments, subordonnent nécessairement les événements à ces données mêmes. En outre, le poète est beaucoup plus libre avec les légendes qu’avec l’histoire : il lui suffit de s’inspirer de l’idée qu’il croit y reconnaître ; il la développe ensuite à sa guise, comme ont fait à travers les siècles ceux qui nous les ont transmises en les variant à l’infini. Il fallait s’adresser au Moyen Âge plutôt qu’à l’Antiquité. Les chefs-d’oeuvre classiques ont leur perfection en eux-mêmes : la poésie n’ose pas les transformer, la musique qu’on leur ajoute n’est qu’un ornement accessoire, un lierre qui s’enroule autour d’une colonne. Au contraire, le Moyen Âge a produit en masse des oeuvres imparfaites, où des idées profondes, des pressentiments sublimes ont pris des formes souvent vagues et imprécises qui permettent à l’imagination moderne de les interpréter et de les compléter à son gré.

Le Moyen Âge que Wagner voulait faire revivre, en le transfigurant par le sentiment moderne, c’était le Moyen Âge allemand. Il croyait sentir en lui l’âme germanique des anciens temps, et il rêvait de lui donner une pleine conscience d’elle-même, de remplacer par une voix claire et puissante le naïf et mystérieux bégaiement de son enfance. Mais ici se place un de ces « malentendus féconds » dont aimait à parler Renan. Plusieurs des sujets que Wagner a traités avec amour parce qu’il les croyait profondément allemands ne le sont pas. Il les a bien pris dans des poèmes allemands du Moyen Âge, mais ces poèmes étaient traduits ou imités du français. Tel est le cas pour Tristan et Iseut, pour Perceval, sans doute pour Lohengrin. À vrai dire, derrière la forme française copiée dans les poèmes allemands on entrevoit pour ces thèmes une forme primitive bien plus ancienne, mais elle n’est pas germanique, elle est celtique, elle est née dans cette race poétique par excellence, dont faisaient partie les Gaulois, nos pères, à laquelle appartiennent aujourd’hui les Irlandais, les Gaëls d’Écosse, les Gallois d’Angleterre et les Bretons de France. C’est dans l’imagination rêveuse, mélancolique et passionnée de cette race que se sont élaborées, sinon formées, – car beaucoup d’entre elles remontent à un passé plus lointain encore, – les plus belles fictions du Moyen Âge. Elles se sont perdues dans leur langue originaire, mais au XIIe siècle, ayant exercé sur les Français une incomparable fascination, elles prirent une forme française où elles se modifièrent notablement, et passèrent ainsi, grâce à l’influence extraordinaire de la poésie française, dans tous les pays de l’Europe et notamment en Allemagne.

*
* *

La légende du Tannhäuser a une histoire analogue, bien que l’intermédiaire français y fasse défaut. La source directe où Wagner l’a puisée n’est pas, cette fois, un poème allemand du XIIe siècle ; c’est une chanson populaire sensiblement plus récente. Il l’avait trouvée chez Henri Heine, auquel il devait déjà le thème du Vaisseau fantôme. « Quel admirable poème ! – avait dit Heine en parlant du vieux Volkslied qu’il reproduisait et dont il devait écrire plus tard une sorte de parodie à moitié bouffonne, à moitié pathétique. – Avec le cantique du Grand Roi (c’est le roi Salomon que je veux dire), je ne connais pas de chant plus enflammé d’amour que le dialogue entre dame Vénus et le Tannhäuser. Cette chanson est comme une bataille d’amour ; il y coule le plus rouge sang du coeur. »

Wagner s’éprit aussi de cette légende, où il trouvait, comme Heine, un thème éminemment dramatique. Le problème qu’il y sentait obscurément formulé revient souvent dans son oeuvre et se posait au fond de sa propre nature, à la fois très sensuelle et très idéaliste. C’est la lutte qui se livre dans le coeur entre deux formes de l’amour, l’amour charnel et passionné, l’amour pur et idéal ; Tannhäuser ne peut longtemps, même aux bras de Vénus, se contenter du premier, mais quand il l’entend dénigrer par des gens qui ne sauraient en comprendre les ivresses, il proteste avec toute l’ardeur de son imagination et de ses souvenirs. La conciliation se ferait par la tendresse d’Élisabeth, qui saurait apaiser et épurer les flammes trop dévorantes de celui qu’elle aime, si l’imprudent défi jeté par Tannhäuser à toutes les conventions sociales ne mettait entre elle et lui une barrière qui ne peut se briser sur terre. C’est par le sacrifice volontaire d’Élisabeth que cette barrière est renversée, mais seulement dans le ciel, c’est-à-dire en dehors de la réalité humaine et présente.

Voilà ce que le poète-musicien a trouvé dans la légende du Tannhäuser, et cette conception est émouvante, humaine et dramatique. Mais elle est étrangère à la légende. Celle-ci n’est qu’une variante – relativement assez moderne – d’un thème très antique et très répandu, l’aventure du mortel qui, grâce à l’amour d’une déesse, pénètre tout vivant dans la région surnaturelle où brille un éternel printemps, où règne un immuable bonheur.

Une des formes de ce thème se distingue des autres en ce que le héros, après avoir joui quelque temps – souvent pendant des siècles qui lui ont paru des jours – des voluptés du pays enchanté où il a eu la merveilleuse chance d’être accueilli, éprouve le besoin de revoir le monde des vivants, y reparaît en effet, et finit par rentrer dans le séjour féerique où l’attendent l’amour et l’immortalité. C’est à cette classe qu’appartient la légende qui fait le fond de la chanson de Tannhäuser ; seulement elle remplace la nostalgie tout humaine des vieux contes païens par le sentiment nouveau du « péché », et elle présente comme un acte de désespoir le retour du héros dans le « paradis » infernal. Le rêve de volupté est devenu un mystère de perdition ; le sort du héros, qui remplissait d’enthousiasme et d’envie les auditeurs primitifs, est aux yeux des hommes du Moyen Âge un objet d’horreur et d’effroi, tout en gardant un périlleux attrait pour les âmes.

Wagner a, autrement encore, remanié la légende : il n’a pas laissé s’accomplir le retour désespéré de Tannhäuser ; il l’a remplacé par un dénouement édifiant, où la religion, l’amour et la pureté d’âme triomphent des forces de l’enfer ; la dissonance tragique et douloureuse qui terminait le vieux chant s’est transformée en un accord céleste, où les voix des anges font taire les derniers appels des démons.

C’est à une autre source que Wagner avait puisé cet élément purificateur et consolant, qui était absent, tout comme le personnage d’Élisabeth, de la légende même du Tannhäuser.

*
* *

Cette légende, en effet, ne lui a point paru suffisante pour lui fournir tout son drame. Il y a mêlé celle de la « guerre poétique de la Wartburg », qui n’a rien à faire avec elle.

Un poème assez bizarre de la fin du XIIIe siècle nous raconte qu’au commencement de ce même siècle, chez le landgrave Hermann de Thuringe, – dans ce beau château de la Wartburg qui rappelle tant de souvenirs et qu’on a si brillamment restauré, – cinq « chantres d’amour » soutinrent contre un sixième, Henri d’Ofterdingen, une lutte poétique où celui-ci, vaincu, appela à son aide le magicien Klingsor. Cet Henri d’Ofterdingen, d’ailleurs inconnu, a donné lieu, de la part des érudits allemands, à toutes sortes de conjectures : l’un d’eux avait proposé, dès 1838, de l’identifier au Tannhäuser. Wagner a-t-il connu et adopté cette conjecture ? L’idée a fort bien pu lui venir à lui-même. Pour cette partie de son oeuvre, il s’est largement inspiré d’une fantastique et ultra-romantique nouvelle d’Hoffmann, Henri d’Ofterdingen, où le mystérieux Minnesinger de la Wartburg est représenté comme ayant une nature à moitié satanique, où une chanson lascive célèbre les joies indescriptibles du séjour de Vénus, et où la belle Mathilde, nièce du landgrave, se sent gagnée par les accents audacieux d’Ofterdingen, qui remplissent d’horreur et d’indignation les représentants du pur amour chevaleresque : c’est, on le voit, tout le second acte du drame ; Mathilde est devenue Élisabeth, en empruntant un reflet mystique à l’auréole de la sainte qui devait être la belle-fille du landgrave Hermann, et Henri d’Ofterdingen a été remplacé par Tannhäuser, auquel le poète a même laissé le prénom d’Henri. Wagner a ainsi, avec une remarquable habileté, « corsé » le thème principal de son oeuvre. Du même coup, il a mis au premier plan le problème qu’il voulait traiter, l’opposition de l’amour idéal à l’amour charnel. Mais il en est résulté, dans le caractère du héros, quelque incohérence, et, dans la donnée même du drame, quelque incertitude. Au lieu d’aller droit à Rome, pour se purifier de son péché, en sortant du Venusberg, Tannhäuser s’y rend parce que sa criminelle aventure a été, par sa faute, révélée à tous, et pour en revenir digne de l’amour d’Élisabeth : dès lors, le miracle de la grâce octroyée par Dieu malgré le pape perd sa vraie signification, et le salut final du pécheur semble dû beaucoup plus aux prières et à la mort d’Élisabeth qu’à son propre repentir. Ce salut même, qui satisfait les spectateurs, est moins grandiose et moins émouvant que le dénouement terrible et mystérieux du vieux lied, la rentrée de Tannhäuser, désespéré, dans le paradis infernal qui se referme à jamais sur lui.

*
* *

L’histoire du chevalier Tannhäuser, de son séjour et de sa rentrée dans le Venusberg n’apparaît pas en Allemagne avant le milieu du XVe siècle. En 1453, un rimeur appelé Hermann de Sachsenheim écrivit un long poème sur la montagne enchantée où règnent tous les plaisirs dans un éternel printemps, et où Vénus tient sa cour avec son époux le Tannhäuser : cela suppose que déjà la légende existait avec ses traits essentiels. À la même époque à peu près appartient un petit poème dans lequel Tannhäuser exprime son repentir d’être allé dans le Venusberg et raconte le refus du pape Uubain IV de lui pardonner ; il espère néanmoins obtenir sa grâce par l’intercession de la Vierge. La même inspiration miséricordieuse semble animer un petit poème dialogué, aussi du milieu du XVe siècle, où Tannhäuser, dans la montagne, déclare à Vénus, malgré ses objurgations, qu’il va la quitter et qu’il compte, pour obtenir son pardon, sur Jésus-Christ et sa douce mère. Mais c’est au XVIe siècle seulement que remonte la belle chanson populaire qui a fait la célébrité de la légende, et qui lui a donné sa forme la plus poétique en traduisant par un gracieux et profond symbole le dur refus de pardon du pape et le blâme infligé par Dieu même à son représentant.

Cette chanson existe, sous des formes assez diverses, en haut-allemand, en bas-allemand, en néerlandais, en danois ; on la trouve dans des manuscrits et des imprimés des XVIe et XVIIe siècles ; on en a recueilli de nos jours, en Suisse et en Autriche, de précieuses variantes orales. Voici une traduction de ce naïf chef-d’oeuvre que Heine mettait à côté du Cantique des Cantiques 2 :



Tannhäuser était un bon chevalier,
Et il désirait voir des merveilles ;
Il voulut entrer dans la montagne de Vénus,
Où elle est avec d’autres belles femmes.

Une fois qu’une année fut passée,
Ses péchés commencèrent à lui faire peine :
« Vénus, noble dame fine,
Je veux me séparer de vous.

– Sire Tannhäuser, je vous aime,
Vous ne devez pas l’oublier ;
Vous m’avez juré par serment
De ne pas vous séparer de moi.

– Dame Vénus, je ne l’ai pas juré,
Cela je le conteste ;
Si quelqu’un d’autre le disait,
J’invoquerais le jugement de Dieu.

– Sire Tannhäuser, que dites-vous là ?
Il vous faut rester parmi nous.
Je vous donnerai une de mes compagnes
Pour être toujours votre femme.

– Si je prenais une autre femme
Que celle que j’ai dans la pensée,
Au feu de l’enfer
Il me faudrait brûler éternellement 3.

– Vous parlez tant du feu de l’enfer,
Et pourtant vous ne l’avez pas senti ;
Pensez à mes lèvres rouges
Qui rient à toute heure.

– Que me font vos lèvres rouges ?
Je ne m’en soucie pas 4…
Donnez-moi congé, noble dame,
De votre corps orgueilleux.

–Tannhäuser, ne parlez pas ainsi !
Revenez à d’autres pensées :
Allons dans ma chambrette,
Et jouissons du noble jeu d’amour !

– Votre amour m’est devenu déplaisant ;
Je devine vos mauvaises pensées :
Je vois au feu de vos yeux
Que vous êtes une diablesse 5… »

Il partit ainsi de la montagne
Dans le trouble et le repentir.
« Je veux aller à Rome
Et me confesser au pape.

Me voilà joyeusement en route :
Que Dieu me protège toujours !
Je vais trouver le pape Urbain,
Voir s’il pourrait me sauver.

Ah ! pape, mon cher seigneur,
Je vous avoue en pleurant le péché
Que j’ai commis dans ma vie,
Comme je vais vous le raconter.

Je suis resté pendant un an
Auprès d’une dame nommée Vénus.
Je veux me confesser et recevoir une pénitence,
Savoir si je pourrais voir Dieu. »

Le pape tenait à la main un bâton sec ;
Il le ficha en terre 6 :
« Aussi bien que ce bâton peut verdoyer
Tu peux obtenir la grâce de Dieu 7 ! »

Il repartit de là
En trouble et en douleur :
« Ah ! Marie, pure Vierge mère,
Il me faut me séparer de toi 8 ! »

Il rentra dans la montagne,
Pour toujours jusqu’à la fin :
« Je retourne auprès de ma dame si tendre,
Puisque Dieu m’y renvoie. »

« Soyez le bienvenu, Tannhäuser !
Je vous ai attendu longtemps.
Soyez le bienvenu, cher sire,
Mon amant choisi entre tous ! »

Le troisième jour était venu,
Quand le bâton se mit à verdoyer :
Le pape envoya par tous pays
Savoir ce qu’était devenu Tannhäuser.

Il était rentré dans la montagne,
Il avait choisi son amour,
Et à cause de cela le quatrième pape Urbain
Fut perdu pour l’éternité.

Aucun pape, aucun cardinal
Ne doit damner un pécheur :
Que le péché soit aussi grand qu’il voudra,
Dieu peut toujours le pardonner 9.

Il y a dans ce beau poème, si pénétrant avec son allure elliptique, son dialogue passionné, son mélange d’ardent paganisme et de mysticisme chrétien, divers éléments à distinguer. D’abord le fond de la légende : un mortel entre dans le royaume d’une déesse, s’arrache aux délices qui l’y enchaînent, revient à la région des humains et finit par retourner auprès de celle qu’il avait quittée ; – puis la couleur religieuse donnée à son aventure, à son départ et à son retour ; – la doctrine d’après laquelle il n’y a pas de si grand péché dont le repentir n’obtienne le pardon ; – enfin le symbole par lequel s’exprime cette pensée : – ces éléments appartiennent soit au folklore de presque tous les peuples, soit aux conceptions les plus chères des peuples du moyen âge catholique ; – il y a enfin un élément spécialement allemand, qui se marque uniquement par le nom du héros et par celui du Venusberg.

Il a existé au XIIIe siècle un Minnesinger appelé le Tannhäuser, dont les chansons, écrites souvent d’un style bizarre et pédantesque, offrent un singulier mélange de joie de vivre et de piété, de licence et de repentir. Est-ce à cause de cela qu’on en a fait le héros de notre légende ? On ne lisait plus guère au XVe siècle les poésies des Minnesinger, et rien d’ailleurs dans celles du Tannhäuser ne suggérait l’idée d’une aussi fantastique aventure. Mais si le poète n’était plus connu directement, son nom était resté célèbre parmi les Meistersänger. Il y avait un ton, c’est-à-dire une forme rythmique et musicale, qui se rattachait à une des formes inventées par lui, et qui fut longtemps employé avec deux variétés, « le ton court » et « le ton long » de Tannhäuser. Les plus anciennes poésies où apparaisse la légende sont composées « dans le ton long de Tannhäuser », et l’introduction de ce nom dans la merveilleuse histoire n’a peut-être pas d’autre cause. On a cependant pensé que c’était bien le Minnesinger du XIIIe siècle qui en était le héros. « La légende, dit un savant critique, dut entourer de bonne heure le poète vagabond ; le pécheur repentant, dans la chanson populaire, adresse son cri d’angoisse au pape Urbain IV, et cela s’accorde bien avec l’époque où vécut le Tannhäuser historique 10. » Cet accord même paraît suspect : la légende ne connaît guère de telles précisions. Il n’est pas d’ailleurs aussi complet qu’il en a l’air. Le Tannhäuser paraît être né vers 1200, et nous n’avons aucune trace certaine de lui passé 1255 ; admettons même qu’il ait vécu jusqu’au temps du pape Urbain IV (1261-1264) : est-ce à un sexagénaire qu’on aurait attribué l’aventure du Venusberg ? Je crois bien plutôt que le nom du pape Urbain est venu d’Italie avec la légende elle-même 11, et que par un motif quelconque, peut-être simplement pour remplir un vers, on l’a spécifié « quatrième 12 ».

Le nom du Venusberg est propre aussi à la légende allemande, mais il n’y a pas de raison de croire qu’il appartient à une ancienne tradition. On ne le rencontre pas en Allemagne antérieurement à la légende du Tannhäuser elle-même, et il paraît être simplement le produit d’une substitution du nom de Vénus à celui de la Sibylle, moins connu 13. On a dit, il est vrai, que Vénus n’était ici que le prête-nom d’une vieille divinité nationale, Holda ou Berchta ; mais il est aujourd’hui démontré que Holda et Berchta ne sont pas d’anciennes divinités germaniques, que leurs noms n’apparaissent pas avant le XIVe siècle, et qu’elles n’ont rien de commun avec Vénus. On a voulu aussi reconnaître dans la Vénus de notre légende la déesse germanique de l’amour, Freia ; mais rien, dans ce que nous savons sur cette épouse de Wotan, ne nous la montre en possession d’un royaume souterrain où elle attire les mortels. La « basse mythologie » allemande connaît des montagnes où habitent des êtres surnaturels, et où l’on voyait des entrées de l’enfer ; mais ce sont des séjours d’effroi et non de volupté. Le Venusberg souvent mentionné dans la littérature allemande des XVe et XVIe siècles provient sans doute de notre légende et n’est nulle part bien défini : il n’a pas de localisation propre ; c’est seulement dans notre siècle qu’on s’est plu à l’identifier avec une montagne de Thüringe, le Horselberg. Vénus a d’ailleurs si bien remplacé la Sibylle, en Allemagne, dans notre légende que les Allemands, au XVe siècle, s’enquéraient en Italie de la « montagne de Vénus », que personne n’y connaissait, et arrivaient à la retrouver, par une sorte de divination, dans la « montagne de la Sibylle », dont les Italiens racontaient des choses toutes pareilles 14.

Le Venusberg et le Tannhäuser écartés, reste la légende religieuse. Celle-ci ressemble tellement à la légende italienne sur la Sibylle qu’il faut que l’une provienne de l’autre. Dans toutes deux, nous voyons le héros s’arracher, par remords, aux délices du « paradis » souterrain où il a pénétré ; dans toutes deux, il se rend de là directement à Rome et demande l’absolution au pape, qui la lui refuse ; dans toutes deux, il retourne, désespéré, à la montagne fatale, et les messagers du pape, envoyés pour lui annoncer qu’il est pardonné, arrivent trop tard. Certains traits, conservés seulement dans quelques variantes du Lied, augmentent encore la précision de ces rapprochements : une chanson suisse nous dit que, quand Tannhäuser était chez « dame Frene », un an lui semblait un jour, tout comme au héros de La Sale ; une autre, suisse également, rapporte que, le dimanche, les belles dames de la montagne « sont des vipères et des serpents », comme les habitantes du paradis de la Sibylle. Il faut noter que ces traits archaïques se trouvent dans des chansons qui appartiennent à une région intermédiaire entre l’Allemagne et l’Italie 15.

Le seul critique qui, jusqu’à ces derniers temps eût rapproché de la chanson allemande le récit d’Antoine de La Sale, Alfred de Reumont, croyait que c’était la légende allemande qui avait pénétré en Italie. M. Soderhjelm pense aussi que la légende du Tannhäuser a été apportée au Monte della Sibilla par ces visiteurs allemands que mentionne La Sale et dont le bon Arnold de Harff fut le dernier. Mais cette hypothèse soulève de grandes difficultés. Il faut admettre, en effet, que deux légendes presque pareilles, comprenant également des traits forts particuliers, comme la métamorphose des habitants de la montagne en serpents et le voyage à Rome du pécheur repentant, s’étaient formées indépendamment en Allemagne et en Italie, et qu’elles se sont fusionnées dans l’histoire racontée à La Sale par les gens de Montemonaco ; la légende allemande aurait donné au pape un rôle odieux parce que Urbain IV était l’ennemi des Staufen, tandis que la légende italienne, représentée par Guerino il Meschino, aurait attribué au pape un rôle bienveillant et fait absoudre par lui le héros de l’aventure. Cela ne paraît pas vraisemblable. Le récit de Guerino est bien plutôt, comme je l’ai dit, une variante édifiante de l’histoire originaire : si Guerino reçoit l’absolution du pape, cela s’explique fort bien, puisqu’il a résisté aux séductions de la Sibylle.

Mais la présence même de ce récit dans un roman écrit en Toscane avant la fin du XIVe siècle nous fait remonter, pour la légende italienne, à une époque bien plus reculée que celle où apparaissent en Allemagne les premières allusions à l’aventure du Tannhäuser. Je crois donc, pour ma part, que la légende, dans sa forme religieuse, s’est constituée en Italie et a de là passé en Allemagne. Dans la version qu’Antoine de La Sale recueillait en 1420 à Montemonaco, nous voyons, comme dans la chanson allemande, le pape refuser l’absolution au visiteur de la caverne enchantée, s’en repentir ensuite, mais trop tard, et lui envoyer des messagers porteurs de sa grâce, qui n’arrivent qu’après qu’il est rentré pour toujours dans le royaume de perdition. Seulement la dureté du pape a été atténuée dans ce récit, – soit par Antoine, soit par ceux de qui il la tenait, – avec une visible gaucherie. Elle n’aurait été qu’apparente : le pape aurait eu dès le premier moment l’intention de pardonner, et c’est grâce aux machinations de son écuyer 16 que le chevalier, se croyant à tort condamné, serait retourné auprès de la Sibylle 17. C’est avec cette atténuation maladroite que la légende italienne passa en Allemagne, sans doute par l’intermédiaire de la Suisse. Le nom de la Sibylle y fut remplacé par celui de Vénus, et le Venusberg devint longtemps pour les Allemands un objet de terreur et de désir ; seulement, comme je l’ai dit, on ne savait où le placer : on le cherchait non en Allemagne, mais en Italie, peut-être par une vague réminiscence de l’origine de la légende. Quant au héros, sans doute anonyme dans les récits italiens, il reçut le nom de Tannhäuser, pour les raisons que j’ai essayé d’indiquer plus haut.

Est-ce aussi en Allemagne que fut ajouté à la légende le trait du bâton sec qui se couvre de verdure ou de fleurs 18, ce beau symbole qui donne tant de poésie au récit et lui a sûrement valu la plus grande part de son succès ? On peut le croire, car il manque dans tous les récits italiens et aussi dans les plus anciens textes allemands. Je ne le crois pas cependant. Si nous admettons que la façon dont La Sale présente le rôle du pape est une atténuation voulue, il s’en suit que dans la forme primitive le pape refusait pour de bon l’absolution et était averti ensuite par un miracle qu’il avait eu tort de la refuser. Ce miracle devait être celui que nous trouvons dans les chansons allemandes, le bâton sec qui reverdit ou fleurit, emblème du repentir qui transforme l’âme du pécheur. Comme le dit Dante en son admirable style, les prêtres ont beau maudire le pécheur,

Per lor maladizion si non si perde,
Che non possa tornar l’eterno amore,
Mentre che la speranza ha fior del verde 19.

Ce qui paraît impossible aux hommes, Dieu peut le faire, voilà ce que signifie ce symbole. C’est la mise en action, sous une autre forme, de la parole évangélique : « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’être sauvé. – Aucun riche ne peut donc être sauvé ? – Rien n’est impossible à Dieu. »

Cet emblème du bâton desséché qui reverdit ou fleurit se retrouve dans quelques légendes pieuses ; c’est un produit charmant et spontané de l’imagination populaire. Déjà dans Homère, quand Achille jure par le bâton qu’il tient à la main et « qui ne portera plus de feuilles ni de branches et ne reverdira plus, car l’airain lui a enlevé son feuillage et son écorce », il veut certainement dire qu’il ne changera pas plus de résolution que le bâton ne reverdira.

La morale qui se dégage de la forme religieuse donnée à notre légende est une de celles que le Moyen Âge a le plus aimées, et il l’a souvent, comme ici, appliquée à des histoires auxquelles elle était d’abord tout à fait étrangère. C’est l’idée, éminemment catholique, qu’il n’est pas de si grand péché que Dieu ne pardonne à la confession et au repentir sincère. Les légendes de saint Grégoire, incestueux et parricide, de saint Jean Bouche d’Or, fornicateur et assassin, de Robert le Diable, chargé de tous les crimes, de bien d’autres saints, ne sont, dans leurs versions médiévales, que des illustrations de cette pensée. Ce qui est propre à la nôtre, c’est l’antagonisme qu’elle exprime entre l’inflexibilité de l’Église et l’infinie miséricorde de Dieu. Cet antagonisme donne au récit son caractère original et tragique, car on ne sait au juste si le héros est finalement pardonné ou s’il sera, par la faute du pape, damné irrémissiblement. Il rentre, il est vrai, dans le paradis infernal, et semble par là renoncer au vrai paradis ; mais le miracle du bâton peut signifier qu’il est néanmoins sauvé, et qu’au jugement dernier, quand s’accomplira la destinée des hôtes de la montagne mystérieuse, il aura la joyeuse surprise de se trouver rangé à droite, tandis que le pape qui l’a témérairement condamné ira subir dans l’enfer la peine de sa présomptueuse dureté. Il semble cependant que ce ne soit pas tout à fait là l’esprit de la légende, et que l’ami de la Sibylle doive, par la damnation, expier sa désespérance, – le seul péché impardonnable, car Judas lui-même, s’il s’était sincèrement repenti, attrait obtenu sa grâce, – comme le pape expiera son manque de foi en la clémence divine.

C’est en Italie que la légende doit avoir pris cette forme religieuse, qui s’est localisée à la montagne de la Sibylle, où sans doute on ne logeait d’abord qu’une voyante et non une séductrice. Le voyage de Rome semble l’indiquer : des monts Sibyllins à Rome la route n’est pas longue, et on prétend même que, par un temps clair, on peut, de leurs hauteurs, apercevoir le dôme de Saint-Pierre. L’esprit du récit convient au génie italien, et nous avons vu que dès le XIVe siècle, et sans doute même dès le XIIIe, ce récit devait exister en Italie avec ses traits essentiels. La légende du Tannhäuser, telle qu’elle apparaît en Allemagne au XVe et au XVIe siècles, n’est donc pas d’origine allemande ; elle remonte à la légende du Monte della Sibilla, dont nous pouvons constater l’existence à une époque bien plus ancienne.

*
* *

La légende italienne n’est d’ailleurs, nous l’avons vu, que l’adaptation aux idées chrétiennes d’un thème antérieur au christianisme. Ce thème paraît de formation celtique, et il a dû être apporté en Italie, avec bien d’autres, des bords lointains de l’océan britannique. Il contient, si on veut le presser, un problème psychologique plus haut et plus vaste que la lutte de l’amour sensuel et de l’amour pur, un problème que Wagner touche en passant lorsqu’il nous montre Tannhäuser, au milieu des délices du séjour de Vénus, aspirant à la lutte et à la souffrance humaines. C’est le problème même du bonheur, que l’humanité, depuis qu’elle pense, qu’elle sent et qu’elle songe, se pose toujours et n’arrive pas à résoudre.

Le héros de notre légende est accueilli dans un séjour où tous les maux de la terre sont inconnus, où le temps s’écoule sans faire sentir sa fuite, sans amener les dégradations de la vieillesse et la menace, chaque jour plus voisine, de la mort, où toutes les jouissances, ici laborieusement conquises, disputées à la souffrance, précaires et fugitives, sont données sans mélange et obtenues sans travail, où l’amour, enfin, « le seul bien d’ici-bas », est à la fois éternel et toujours nouveau. Mais dans ce « paradis », dans cette « terre de la joie », dans ce « pays de l’éternelle jeunesse », il éprouve au bout de quelque temps la satiété de voluptés sans lutte, d’une vie sans activité et sans travail ; il ressent l’impérieuse nostalgie de la vraie vie humaine avec ses désirs rarement satisfaits, avec ses peines qui assaisonnent les joies, avec ses efforts qui donnent du prix aux résultats atteints... Ainsi ce bonheur parfait que l’âme humaine rêve toujours, elle a beau le construire librement d’après son rêve, dès qu’elle essaie de le réaliser, elle sent qu’elle ne saurait en jouir.

Le sentiment qui est au fond des vieux mythes sur le séjour de la joie sans mélange s’est retrouvé – tant il est vraiment humain – dans l’âme du poète philosophe qui, de nos jours, a essayé, sans recourir à ces mythes et sans les connaître, de donner, lui aussi, un corps à notre rêve de bonheur. Sully Prudhomme nous montre deux amants, – il a réuni dans son paradis deux êtres qui s’aimaient sur terre, et cela est plus délicat et plus touchant que les amours du mortel, dans les vieilles légendes, avec une déesse ou une fée, – il nous les montre, – en un séjour où est rassemblé tout ce qui peut charmer les sens et l’âme, où il n’y a ni douleur, ni fatigue, ni mal d’aucun genre, où le besoin de savoir est satisfait aussi bien que celui de sentir, – jouissant d’abord avec ivresse et de tout ce qui les entoure et de leur amour que rien ne menace plus. Mais bientôt la mélancolie se glisse dans l’âme de Faustus : il ne peut se contenter de jouir sans mériter, sans valoir ; il pense aux hommes, ses frères, qui gémissent encore sous le poids de l’ignorance, de la misère, de la douleur et du vice, et, d’accord avec sa chère Stella, il demande à retourner sur la terre, à reprendre la seule vie qui convienne à l’homme, celle où il y a de la lutte, de l’effort et du mérite.

La vague conception des anciens âges est ici singulièrement ennoblie par une pensée où ont passé le souffle de la philosophie idéaliste et la flamme de la charité chrétienne ; mais elle est essentiellement la même, et elle répond à l’éternelle antinomie qui fait le fond de la nature humaine. Elle semble au premier abord bien pessimiste ; à la méditer, elle apparaît consolante. Elle nous réconcilie avec notre destinée en nous montrant que cette destinée nous est imposée par notre nature et que nous en rêverions vainement une autre tant que nous garderons cette nature, dont nous ne pouvons nous défaire sans cesser d’être nous-mêmes. Elle nous fait accepter les fatigues, les incertitudes, les souffrances, la vieillesse, la mort, comme les données mêmes de notre condition ; elle nous rend plus précieuses les joies que nous arrachons à tant de menaces ; elle rehausse, enfin, en nous le sentiment de notre dignité méritant sans cesse par l’effort les biens que nous pouvons atteindre, nous nous sentons supérieurs à ce que seraient des bienheureux auxquels la félicité tomberait du ciel toute prête et toujours renouvelée, sans qu’ils fissent rien pour la conquérir par eux-mêmes.

Cette idée si profonde, où se mêlent d’une façon si poétique l’enchantement de l’espérance et le désenchantement de la réflexion, n’est à vrai dire que suggérée par le vieux conte, elle n’y est pas nettement indiquée, car il fait rentrer le héros, et pour toujours, dans le paradis qu’il a quitté. Encore moins a-t-elle pu être celle des premiers mythes, d’où ce conte s’est peu à peu développé, et qui ne connaissent pas même le retour passager du héros. À l’origine, il s’agissait sans doute simplement de la possibilité pour l’homme d’arriver, même avant sa mort, à la félicité dont quelques héros jouissent, après la mort, dans la « terre des bienheureux ». Plus anciennement encore, cette terre de la mort, devenue la terre de l’immortalité, n’était que le reflet du vague rêve qui se levait dans 1’âme enfantine des premiers hommes pensants lorsqu’ils voyaient le soleil disparaître derrière une montagne ou, au bout de l’horizon, se plonger dans la mer. Ils imaginaient le pays mystérieux où l’astre séjourne jusqu’à ce qu’il reparaisse de l’autre côté du ciel ; ils se plaisaient à y voir un monde enchanté, d’où l’astre éternellement jeune ressortait chaque jour aussi brillant, et où peut-être était réalisée cette félicité parfaite qui ne se trouve pas sur la terre. C’est ainsi que les rêves des vieux âges, passant de lieux en lieux, et de générations en générations, se colorent des pensées changeantes des époques, des races et des patries qui se les transmettent. L’antique « Hespérie », la terre que le soleil visite au-delà des mers du couchant, est devenue le pays féerique, peuplé de femmes d’une incomparable et éternelle beauté, où règne la félicité sans mélange. Des mortels y sont allés, et l’on en a vu revenir vivants quelques-uns qui y sont retournés pour toujours. Ailleurs, c’est dans une de ces montagnes qui semblent former la barrière de l’empire nocturne du soleil, qu’on a placé le palais de l’éternelle jeunesse. Le christianisme est venu : l’Église voit dans ce faux paradis un véritable enfer, et refuse d’absoudre le téméraire qui assure y avoir pénétré ; mais le peuple croit que Dieu aurait pardonné à celui qu’a égaré le rêve indomptable du bonheur. Et le poète philosophe de nos jours ne trouve que vanité dans le rêve lui-même, tandis que pour le dramaturge la lutte entre l’enfer et le paradis devient la lutte entre deux formes de l’amour... C’est toujours, sous des masques différents, le même visage qui nous apparaît, le même sphinx qui nous fascine. Nous voudrions accorder les joies éphémères de la vie avec une félicité plus parfaite et plus durable, la jouissance avec la noblesse morale, l’amour pur et dévoué avec la volupté aux appels puissants, et, ballottés entre nos inconciliables désirs, nous écoutons avidement et nous écouterons toujours les contes qui nous parlent, fût-ce pour nous faire frémir, de mortels comme nous qui ont pénétré, vivants, dans le monde de nos rêves et qui, revenus un moment parmi les hommes, ont pu leur en révéler quelques secrets.





Notes



1. On trouvera dans cet article le héros de la légende et du drame appelé tantôt le Tannhäuser, tantôt simplement Tannhäuser. C’est la première forme qui est la plus authentique : le Minnesinger dont nous ignorons le prénom n’était désigné, de son temps, que par le nom de la famille des Tannhausen, à laquelle il appartenait. Mais de bonne heure on a dit simplement Tannhäuser. J’ai ramené à cette forme consacrée les variantes (Tanhuser. Danhuser, etc.) qu’on trouve dans les documents anciens. – Je renvoie une fois pour toutes à l’excellente étude de M. Erich Schmidt, parue dans le numéro de novembre 1892 de la revue allemande Nord und Süd.

2. Je traduis la forme la plus ancienne, dont s’écartent peu les autres versions en haut-allemand, anciennement recueillies ; j’indiquerai en note quelques variantes des versions bas-allemande, néerlandaise, danoise et suisses.

3. Dans la version suisse, Vénus promet « sa plus jeune fille ». La réponse de Tannhäuser (pareille dans toutes les versions) est peu claire : a-t-il une fiancée, ou veut-il parler de la Vierge Marie ?

4. Je passe ici huit vers qui répètent à peu près les précédents.

5. Je traduis ce quatrain d’après des variantes et j’omets ensuite trois quatrains qui appellent cependant quelques remarques. Vénus finit par donner congé à Tannhäuser et lui recommande de la célébrer ; la chanson ne donne pas de suite à cette indication, dont Wagner s’est inspiré pour la scène de la Wartburg. – Elle lui dit aussi : « Prends congé des vieillards », désignant sans doute les plus anciens des habitants de la montagne, auxquels, dans les habitudes courtoises du Moyen Âge, il devait demander congé avant de partir. S’appuyant sur la leçon d’une seule version (la plus ancienne, il est vrai) « du vieillard », – on a voulu trouver là la mention du « fidèle Eckart », personnage de la vieille épopée germanique qu’on trouve mêlé à quelques descriptions du Venusberg ; mais cela est tout à fait invraisemblable, Il est même possible que la variante danoise, qui dit : « Nous vous montrerons le chemin », ait ici conservé la forme primitive (voir le récit d’Antoine de la Sale). Dans un Meisterlied, qui est peut-être du XVe siècle, on lit : « Prends congé du vert rameau. »

6. Ce vers est emprunté aux leçons bas-allemande, néerlandaise et danoise.

7. La plupart des versions intercalent ici un quatrain qui ne va pas avec le reste : « Et si je vivais encore un an, – un an sur cette terre, – je ferais confession et pénitence – et gagnerais la grâce de Dieu. » Dans quelques-unes, cette pensée est suivie de malédictions contre les prêtres, qui perdent tant d’âmes que Dieu aurait volontiers sauvées.

8. Très jolie variante dans la version suisse : « Quand il sortit par la porte de la ville, ¾ il rencontra Notre Dame : – « Adieu, Vierge pure ! – Je n’ai plus le droit de te regarder ! » – La variante bas-allemande est d’une beauté antique : « Quand il arriva devant la montagne, – il regarda de tous côtés autour de lui : – « Adieu, soleil, – adieu, lune, – et aussi tous mes chers amis ! »

9. La fin est assez différente suivant les versions : la dernière strophe n’est que dans deux leçons. Les leçons bas-allemande et danoise ont supprimé la damnation du pape ; elles disent : « Le pape se chagrina beaucoup, – et il pria sans cesse – que Dieu exauçât le voeu de Tannhäuser – et lui pardonnât son péché. » La chanson néerlandaise intercale trois strophes, qui ne manquent pas de poésie, sur l’attitude de Daniel (c’est ici le nom du héros) quand il est rentré dans la montagne : il s’assied sans mot dire, et c’est en vain que Vénus lui offre un repas délicat et une coupe d’or : il ne boit ni ne mange ; elle fait danser devant lui sept jeunes filles rieuses : « Sire Daniel reste silencieux. » La chanson danoise ajoute deux quatrains édifiants sur les dangers de l’amour, prouvés par l’exemple de Danyser.

10. E. Schmidt, p. 179.

11. Antoine de la Sale hésite entre Urbain VI et Urbain VII.

12. On a cependant fait remarquer qu’Urbain IV, Français de naissance, avait été un adversaire passionné des Staufen et avait pu laisser une mauvaise réputation en Allemagne.

13. Il y a peut-être une trace curieuse de la pénétration en Allemagne de la tradition italienne sous sa vraie forme dans ce même poème de la Guerre de la Wartburg dont Wagner devait mêler le thème à l’histoire du Tannhäuser. On y parle de Félicia, fille de Sibylle, qui, avec Junon (!) et Arthur, vit dans une montagne. Cette Sibylle, mère de la Félicité, et son empire souterrain doivent provenir de la légende italienne. Or cette allusion remonte au XIIIe siècle.

14. Ils voulaient la retrouver partout. Le franciscain Jean Faber, qui fit, en 1485, un voyage en Terre Sainte qu’il a raconté dans son Evagatorium, la reconnaissait dans le mont Sainte-Croix, de Chypre, l’ancien promontoire d’Aphrodite : « Le bruit court parmi le peuple en Allemagne qu’un noble de Souabe, appelé le Danhuser, vécut quelque temps dans cette montagne avec Vénus. Pressé par le remords, il vint se confesser au pape, mais l’absolution lui étant refusée, il retourna dans la montagne et ne reparut plus. Il y vit, dit-on, dans les délices, jusqu’au jour du jugement... Pourtant Vénus est morte et damnée, sans aucun doute. » J’emprunte cette citation curieuse à Émile-Melchior de Vogüé, Syrie, Palestine, Mont Athos, p. 25.

15. Dans ces mêmes chansons, Frene offre à Tannhäuser une de ses compagnes, ou « sa plus petite fille ». C’est donc comme dans la version d’Antoine de La Sale ; dans la « vulgate » du Lied, elle lui donne elle-même son amour, mais il reste un vestige de la conception plus ancienne.

16. Tout le rôle inutile de l’écuyer a été ajouté pour amener cet incident.

17. On pourrait voir un indice de l’origine allemande du récit de La Sale dans le fait que le héros en est un chevalier allemand ; mais cela peut très bien avoir été ajouté par La Sale, qui voulait le reconnaître dans ce Hans van Bramburg qui avait si hardiment gravé sur le mur du vestibule : intravit. D’ailleurs il parle de personnages d’autres nations qui avaient aussi pénétré dans le paradis.

18. Il verdoie simplement dans la version la plus répandue, mais dans plusieurs chansons suisses et dans la chanson néerlandaise il porte des fleurs.


ZOUZOU


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