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 Légendes européennes.

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AuteurMessage
cosmos1
Le Pédagogue
Le Pédagogue
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Pays : Belgique
Localisation : Binche
Humeur : Bonne

MessageSujet: Légendes européennes.   26.07.11 7:27

Rappel du premier message :

Bonjour à tout le monde, comme promis, voici la légende de Lorelei et Rhénanes. Je n'ai jamais trop de temps et c'est une sorte de bienvenue Lorelei.


Loreleï est une jeune fille qui, assise sur le rocher du même nom, chante magnifiquement. Les marins passent en bateaux et l'entendent. Ils sont comme envoutés par ce chant si beau, si mélodieux, qu'ils en oublient les courants du Rhin et chavirent.
À l’origine, la Loreleï a été conçue pour symboliser l’amour passionnel dans la littérature : dans une ballade (Zu Bacharach am Rheine..., 1801) du poète rhénan Clemens Brentano, la Lorelei apparut d’abord comme le nom d’une femme. Laure Lay a été trompée par son amant. Sur le chemin du cloître, elle veut jeter un dernier regard du rocher sur son château. Alors qu’elle pense voir un bateau s’éloigner, elle tombe dans le fleuve.
Brentano a écrit plusieurs variations du thème de la Loreleï. Le motif d’une femme blonde et malheureuse qui se peigne sur un rocher, apparaît pour la première fois dans son conte rhénan à partir de 1810.
Plus tard, elle passa d’un fantôme à une femme fatale. À la fin du xixe et au début du xxe siècle, elle prit pour quelques poètes la fonction de symbole national, semblable aux Valkyries. La littérature du xxe siècle se détourna de cette interprétation. Elle apparait sous de nombreuses formes dont certaines sont ironiques, et perpétue ainsi le mythe de la Lorelei.
En France, elle est surtout connue à travers le poème de Guillaume Apollinaire, La Loreley que l'on retrouve dans le recueil Alcools et qui est en fait une traduction/adaptation du poème de Brentano 2, ou encore dans Lorely de Gérard Labrunie dit Gérard de Nerval lors du récit de son voyage sur les bords du Rhin. Alors que pour d'autres, plus intéressés par la musique que par la littérature, Lorelei, la fée du Rhin, sera évoquée à travers des chansons comme Lorelei Sebasto Cha de Hubert Félix Thiéfaine, Laura Lorelei de Jacques Higelin, Loreley du groupe allemand Dschinghis Khan, When Mermaid's Cry de Eagle Eye Cherry, mais également par des artistes tels que The Pogues, Cocteau Twins, Theatre of Tragedy, Styx... Dans un autre registre, Roger Leloup, l'auteur belge de bandes dessinées, y fait de nombreuses références dans le deuxième album de Yoko Tsuno : L'Orgue du diable. Plus récemment, le groupe Scorpions en a tiré le titre du même nom dans son album Sting in the Tail


Lorelei (ou Loreley ou Loreleï) est le nom d'un rocher qui culmine à 132 mètres au-dessus du Rhin à proximité de Sankt Goarshausen (Saint Goarshausen en français) en Allemagne (Rhénanie-Palatinat)1. C'est l'endroit le plus étroit du fleuve entre la Suisse et la mer du Nord. L'avancée du rocher réduit d'un quart la largeur du fleuve. Le courant très violent et les nombreux rochers immergés ont causé de nombreux accidents de navigation1.
Loreley est aussi le nom d'une nixe (nymphe de la mythologie germanique) qui attire les navigateurs du Rhin à la perdition par ses chants, comme les sirènes de la mythologie grecque ancienne.
Cette légende de la Lorelei sur son rocher a inspiré de nombreux artistes, dont le poète allemand Heinrich Heine qui écrivit en 1824 l'histoire (Die Lore-Ley) qui sera mise en musique et popularisée par le compositeur Friedrich Silcher.
Le rocher de la Loreley est maintenant un site touristique très fréquenté, tant pour la beauté des lieux que pour la légende qui l'entoure.


Source : Wikipédia

ZOUZOU


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AuteurMessage
cosmos1
Le Pédagogue
Le Pédagogue



MessageSujet: Légende d'Europe.   05.08.11 12:00

Bonjour à toutes et tous.
La Légende du Tannhaüser

Quand Richard Wagner, en 1842, composa son drame musical de Tannhäuser, il n’était pas encore en pleine possession de toutes les idées qu’il devait plus tard saisir et réaliser avec tant de force, mais elles flottaient déjà dans son esprit, et il avait au moins indiqué, dans le Vaisseau fantôme, celle qui les domine et les résume toutes et qu’il devait plus puissamment incarner dans le Tannhäuser. Je veux parler de cette conception grandiose d’après laquelle la musique, étroitement unie à la poésie et sortant de la même âme, doit être l’interprétation la plus profonde et la plus pathétique du mystère de la destinée humaine, suspendue entre l’amour et la mort, entre l’égoïsme et le sacrifice, entre l’aspiration idéale et la fascination des sens. La musique se prêtait à ce rôle transcendant par son pouvoir unique de soulever au fond des coeurs toutes les vagues des passions humaines et de les apaiser en même temps, de faire tout pressentir sans rien expliquer nettement, d’être ce qu’il y a dans l’art à la fois de plus intime et de plus général, de plus expressif et de plus indéfini. Le drame musical devenait ainsi une sorte de religion : aux plus sublimes révélations des mystères purificateurs il pouvait opposer les orgies les plus déchaînées des bacchanales ; il célébrait sous mille formes diverses la lutte de l’homme et contre les forces aveugles de la nature et contre son propre coeur.

C’est dans les mythes traditionnels, dans les vieilles légendes populaires que cette âme de musique et de poésie étroitement unies devait, d’après Wagner, trouver à s’incorporer. Là, en effet, s’étaient traduites, en des symboles d’autant plus précieux qu’ils étaient à demi inconscients, cette même angoisse de la destinée, cette même recherche du bonheur, cette même lutte entre le désir individuel et l’ordre immuable, cette même succession d’ardent espoir et de morne désenchantement, d’immolation de soi-même et d’immolation des autres, qui constituaient pour le coeur agité et pour la pensée inquiète du maître le drame éternel de la vie humaine comme le drame passager de sa propre vie. L’histoire, où ces éléments ne sont pas moins en jeu, ne lui semblait pas se prêter aussi bien à fournir la base de l’interprétation rêvée : elle précise trop les caractères et les faits, en même temps que les événements y sont trop fortuits et ne naissent pas des données psychologiques et morales, tandis que les mythes et les légendes, n’étant que l’incarnation d’idées et de sentiments, subordonnent nécessairement les événements à ces données mêmes. En outre, le poète est beaucoup plus libre avec les légendes qu’avec l’histoire : il lui suffit de s’inspirer de l’idée qu’il croit y reconnaître ; il la développe ensuite à sa guise, comme ont fait à travers les siècles ceux qui nous les ont transmises en les variant à l’infini. Il fallait s’adresser au Moyen Âge plutôt qu’à l’Antiquité. Les chefs-d’oeuvre classiques ont leur perfection en eux-mêmes : la poésie n’ose pas les transformer, la musique qu’on leur ajoute n’est qu’un ornement accessoire, un lierre qui s’enroule autour d’une colonne. Au contraire, le Moyen Âge a produit en masse des oeuvres imparfaites, où des idées profondes, des pressentiments sublimes ont pris des formes souvent vagues et imprécises qui permettent à l’imagination moderne de les interpréter et de les compléter à son gré.

Le Moyen Âge que Wagner voulait faire revivre, en le transfigurant par le sentiment moderne, c’était le Moyen Âge allemand. Il croyait sentir en lui l’âme germanique des anciens temps, et il rêvait de lui donner une pleine conscience d’elle-même, de remplacer par une voix claire et puissante le naïf et mystérieux bégaiement de son enfance. Mais ici se place un de ces « malentendus féconds » dont aimait à parler Renan. Plusieurs des sujets que Wagner a traités avec amour parce qu’il les croyait profondément allemands ne le sont pas. Il les a bien pris dans des poèmes allemands du Moyen Âge, mais ces poèmes étaient traduits ou imités du français. Tel est le cas pour Tristan et Iseut, pour Perceval, sans doute pour Lohengrin. À vrai dire, derrière la forme française copiée dans les poèmes allemands on entrevoit pour ces thèmes une forme primitive bien plus ancienne, mais elle n’est pas germanique, elle est celtique, elle est née dans cette race poétique par excellence, dont faisaient partie les Gaulois, nos pères, à laquelle appartiennent aujourd’hui les Irlandais, les Gaëls d’Écosse, les Gallois d’Angleterre et les Bretons de France. C’est dans l’imagination rêveuse, mélancolique et passionnée de cette race que se sont élaborées, sinon formées, – car beaucoup d’entre elles remontent à un passé plus lointain encore, – les plus belles fictions du Moyen Âge. Elles se sont perdues dans leur langue originaire, mais au XIIe siècle, ayant exercé sur les Français une incomparable fascination, elles prirent une forme française où elles se modifièrent notablement, et passèrent ainsi, grâce à l’influence extraordinaire de la poésie française, dans tous les pays de l’Europe et notamment en Allemagne.

*
* *

La légende du Tannhäuser a une histoire analogue, bien que l’intermédiaire français y fasse défaut. La source directe où Wagner l’a puisée n’est pas, cette fois, un poème allemand du XIIe siècle ; c’est une chanson populaire sensiblement plus récente. Il l’avait trouvée chez Henri Heine, auquel il devait déjà le thème du Vaisseau fantôme. « Quel admirable poème ! – avait dit Heine en parlant du vieux Volkslied qu’il reproduisait et dont il devait écrire plus tard une sorte de parodie à moitié bouffonne, à moitié pathétique. – Avec le cantique du Grand Roi (c’est le roi Salomon que je veux dire), je ne connais pas de chant plus enflammé d’amour que le dialogue entre dame Vénus et le Tannhäuser. Cette chanson est comme une bataille d’amour ; il y coule le plus rouge sang du coeur. »

Wagner s’éprit aussi de cette légende, où il trouvait, comme Heine, un thème éminemment dramatique. Le problème qu’il y sentait obscurément formulé revient souvent dans son oeuvre et se posait au fond de sa propre nature, à la fois très sensuelle et très idéaliste. C’est la lutte qui se livre dans le coeur entre deux formes de l’amour, l’amour charnel et passionné, l’amour pur et idéal ; Tannhäuser ne peut longtemps, même aux bras de Vénus, se contenter du premier, mais quand il l’entend dénigrer par des gens qui ne sauraient en comprendre les ivresses, il proteste avec toute l’ardeur de son imagination et de ses souvenirs. La conciliation se ferait par la tendresse d’Élisabeth, qui saurait apaiser et épurer les flammes trop dévorantes de celui qu’elle aime, si l’imprudent défi jeté par Tannhäuser à toutes les conventions sociales ne mettait entre elle et lui une barrière qui ne peut se briser sur terre. C’est par le sacrifice volontaire d’Élisabeth que cette barrière est renversée, mais seulement dans le ciel, c’est-à-dire en dehors de la réalité humaine et présente.

Voilà ce que le poète-musicien a trouvé dans la légende du Tannhäuser, et cette conception est émouvante, humaine et dramatique. Mais elle est étrangère à la légende. Celle-ci n’est qu’une variante – relativement assez moderne – d’un thème très antique et très répandu, l’aventure du mortel qui, grâce à l’amour d’une déesse, pénètre tout vivant dans la région surnaturelle où brille un éternel printemps, où règne un immuable bonheur.

Une des formes de ce thème se distingue des autres en ce que le héros, après avoir joui quelque temps – souvent pendant des siècles qui lui ont paru des jours – des voluptés du pays enchanté où il a eu la merveilleuse chance d’être accueilli, éprouve le besoin de revoir le monde des vivants, y reparaît en effet, et finit par rentrer dans le séjour féerique où l’attendent l’amour et l’immortalité. C’est à cette classe qu’appartient la légende qui fait le fond de la chanson de Tannhäuser ; seulement elle remplace la nostalgie tout humaine des vieux contes païens par le sentiment nouveau du « péché », et elle présente comme un acte de désespoir le retour du héros dans le « paradis » infernal. Le rêve de volupté est devenu un mystère de perdition ; le sort du héros, qui remplissait d’enthousiasme et d’envie les auditeurs primitifs, est aux yeux des hommes du Moyen Âge un objet d’horreur et d’effroi, tout en gardant un périlleux attrait pour les âmes.

Wagner a, autrement encore, remanié la légende : il n’a pas laissé s’accomplir le retour désespéré de Tannhäuser ; il l’a remplacé par un dénouement édifiant, où la religion, l’amour et la pureté d’âme triomphent des forces de l’enfer ; la dissonance tragique et douloureuse qui terminait le vieux chant s’est transformée en un accord céleste, où les voix des anges font taire les derniers appels des démons.

C’est à une autre source que Wagner avait puisé cet élément purificateur et consolant, qui était absent, tout comme le personnage d’Élisabeth, de la légende même du Tannhäuser.

*
* *

Cette légende, en effet, ne lui a point paru suffisante pour lui fournir tout son drame. Il y a mêlé celle de la « guerre poétique de la Wartburg », qui n’a rien à faire avec elle.

Un poème assez bizarre de la fin du XIIIe siècle nous raconte qu’au commencement de ce même siècle, chez le landgrave Hermann de Thuringe, – dans ce beau château de la Wartburg qui rappelle tant de souvenirs et qu’on a si brillamment restauré, – cinq « chantres d’amour » soutinrent contre un sixième, Henri d’Ofterdingen, une lutte poétique où celui-ci, vaincu, appela à son aide le magicien Klingsor. Cet Henri d’Ofterdingen, d’ailleurs inconnu, a donné lieu, de la part des érudits allemands, à toutes sortes de conjectures : l’un d’eux avait proposé, dès 1838, de l’identifier au Tannhäuser. Wagner a-t-il connu et adopté cette conjecture ? L’idée a fort bien pu lui venir à lui-même. Pour cette partie de son oeuvre, il s’est largement inspiré d’une fantastique et ultra-romantique nouvelle d’Hoffmann, Henri d’Ofterdingen, où le mystérieux Minnesinger de la Wartburg est représenté comme ayant une nature à moitié satanique, où une chanson lascive célèbre les joies indescriptibles du séjour de Vénus, et où la belle Mathilde, nièce du landgrave, se sent gagnée par les accents audacieux d’Ofterdingen, qui remplissent d’horreur et d’indignation les représentants du pur amour chevaleresque : c’est, on le voit, tout le second acte du drame ; Mathilde est devenue Élisabeth, en empruntant un reflet mystique à l’auréole de la sainte qui devait être la belle-fille du landgrave Hermann, et Henri d’Ofterdingen a été remplacé par Tannhäuser, auquel le poète a même laissé le prénom d’Henri. Wagner a ainsi, avec une remarquable habileté, « corsé » le thème principal de son oeuvre. Du même coup, il a mis au premier plan le problème qu’il voulait traiter, l’opposition de l’amour idéal à l’amour charnel. Mais il en est résulté, dans le caractère du héros, quelque incohérence, et, dans la donnée même du drame, quelque incertitude. Au lieu d’aller droit à Rome, pour se purifier de son péché, en sortant du Venusberg, Tannhäuser s’y rend parce que sa criminelle aventure a été, par sa faute, révélée à tous, et pour en revenir digne de l’amour d’Élisabeth : dès lors, le miracle de la grâce octroyée par Dieu malgré le pape perd sa vraie signification, et le salut final du pécheur semble dû beaucoup plus aux prières et à la mort d’Élisabeth qu’à son propre repentir. Ce salut même, qui satisfait les spectateurs, est moins grandiose et moins émouvant que le dénouement terrible et mystérieux du vieux lied, la rentrée de Tannhäuser, désespéré, dans le paradis infernal qui se referme à jamais sur lui.

*
* *

L’histoire du chevalier Tannhäuser, de son séjour et de sa rentrée dans le Venusberg n’apparaît pas en Allemagne avant le milieu du XVe siècle. En 1453, un rimeur appelé Hermann de Sachsenheim écrivit un long poème sur la montagne enchantée où règnent tous les plaisirs dans un éternel printemps, et où Vénus tient sa cour avec son époux le Tannhäuser : cela suppose que déjà la légende existait avec ses traits essentiels. À la même époque à peu près appartient un petit poème dans lequel Tannhäuser exprime son repentir d’être allé dans le Venusberg et raconte le refus du pape Uubain IV de lui pardonner ; il espère néanmoins obtenir sa grâce par l’intercession de la Vierge. La même inspiration miséricordieuse semble animer un petit poème dialogué, aussi du milieu du XVe siècle, où Tannhäuser, dans la montagne, déclare à Vénus, malgré ses objurgations, qu’il va la quitter et qu’il compte, pour obtenir son pardon, sur Jésus-Christ et sa douce mère. Mais c’est au XVIe siècle seulement que remonte la belle chanson populaire qui a fait la célébrité de la légende, et qui lui a donné sa forme la plus poétique en traduisant par un gracieux et profond symbole le dur refus de pardon du pape et le blâme infligé par Dieu même à son représentant.

Cette chanson existe, sous des formes assez diverses, en haut-allemand, en bas-allemand, en néerlandais, en danois ; on la trouve dans des manuscrits et des imprimés des XVIe et XVIIe siècles ; on en a recueilli de nos jours, en Suisse et en Autriche, de précieuses variantes orales. Voici une traduction de ce naïf chef-d’oeuvre que Heine mettait à côté du Cantique des Cantiques 2 :



Tannhäuser était un bon chevalier,
Et il désirait voir des merveilles ;
Il voulut entrer dans la montagne de Vénus,
Où elle est avec d’autres belles femmes.

Une fois qu’une année fut passée,
Ses péchés commencèrent à lui faire peine :
« Vénus, noble dame fine,
Je veux me séparer de vous.

– Sire Tannhäuser, je vous aime,
Vous ne devez pas l’oublier ;
Vous m’avez juré par serment
De ne pas vous séparer de moi.

– Dame Vénus, je ne l’ai pas juré,
Cela je le conteste ;
Si quelqu’un d’autre le disait,
J’invoquerais le jugement de Dieu.

– Sire Tannhäuser, que dites-vous là ?
Il vous faut rester parmi nous.
Je vous donnerai une de mes compagnes
Pour être toujours votre femme.

– Si je prenais une autre femme
Que celle que j’ai dans la pensée,
Au feu de l’enfer
Il me faudrait brûler éternellement 3.

– Vous parlez tant du feu de l’enfer,
Et pourtant vous ne l’avez pas senti ;
Pensez à mes lèvres rouges
Qui rient à toute heure.

– Que me font vos lèvres rouges ?
Je ne m’en soucie pas 4…
Donnez-moi congé, noble dame,
De votre corps orgueilleux.

–Tannhäuser, ne parlez pas ainsi !
Revenez à d’autres pensées :
Allons dans ma chambrette,
Et jouissons du noble jeu d’amour !

– Votre amour m’est devenu déplaisant ;
Je devine vos mauvaises pensées :
Je vois au feu de vos yeux
Que vous êtes une diablesse 5… »

Il partit ainsi de la montagne
Dans le trouble et le repentir.
« Je veux aller à Rome
Et me confesser au pape.

Me voilà joyeusement en route :
Que Dieu me protège toujours !
Je vais trouver le pape Urbain,
Voir s’il pourrait me sauver.

Ah ! pape, mon cher seigneur,
Je vous avoue en pleurant le péché
Que j’ai commis dans ma vie,
Comme je vais vous le raconter.

Je suis resté pendant un an
Auprès d’une dame nommée Vénus.
Je veux me confesser et recevoir une pénitence,
Savoir si je pourrais voir Dieu. »

Le pape tenait à la main un bâton sec ;
Il le ficha en terre 6 :
« Aussi bien que ce bâton peut verdoyer
Tu peux obtenir la grâce de Dieu 7 ! »

Il repartit de là
En trouble et en douleur :
« Ah ! Marie, pure Vierge mère,
Il me faut me séparer de toi 8 ! »

Il rentra dans la montagne,
Pour toujours jusqu’à la fin :
« Je retourne auprès de ma dame si tendre,
Puisque Dieu m’y renvoie. »

« Soyez le bienvenu, Tannhäuser !
Je vous ai attendu longtemps.
Soyez le bienvenu, cher sire,
Mon amant choisi entre tous ! »

Le troisième jour était venu,
Quand le bâton se mit à verdoyer :
Le pape envoya par tous pays
Savoir ce qu’était devenu Tannhäuser.

Il était rentré dans la montagne,
Il avait choisi son amour,
Et à cause de cela le quatrième pape Urbain
Fut perdu pour l’éternité.

Aucun pape, aucun cardinal
Ne doit damner un pécheur :
Que le péché soit aussi grand qu’il voudra,
Dieu peut toujours le pardonner 9.

Il y a dans ce beau poème, si pénétrant avec son allure elliptique, son dialogue passionné, son mélange d’ardent paganisme et de mysticisme chrétien, divers éléments à distinguer. D’abord le fond de la légende : un mortel entre dans le royaume d’une déesse, s’arrache aux délices qui l’y enchaînent, revient à la région des humains et finit par retourner auprès de celle qu’il avait quittée ; – puis la couleur religieuse donnée à son aventure, à son départ et à son retour ; – la doctrine d’après laquelle il n’y a pas de si grand péché dont le repentir n’obtienne le pardon ; – enfin le symbole par lequel s’exprime cette pensée : – ces éléments appartiennent soit au folklore de presque tous les peuples, soit aux conceptions les plus chères des peuples du moyen âge catholique ; – il y a enfin un élément spécialement allemand, qui se marque uniquement par le nom du héros et par celui du Venusberg.

Il a existé au XIIIe siècle un Minnesinger appelé le Tannhäuser, dont les chansons, écrites souvent d’un style bizarre et pédantesque, offrent un singulier mélange de joie de vivre et de piété, de licence et de repentir. Est-ce à cause de cela qu’on en a fait le héros de notre légende ? On ne lisait plus guère au XVe siècle les poésies des Minnesinger, et rien d’ailleurs dans celles du Tannhäuser ne suggérait l’idée d’une aussi fantastique aventure. Mais si le poète n’était plus connu directement, son nom était resté célèbre parmi les Meistersänger. Il y avait un ton, c’est-à-dire une forme rythmique et musicale, qui se rattachait à une des formes inventées par lui, et qui fut longtemps employé avec deux variétés, « le ton court » et « le ton long » de Tannhäuser. Les plus anciennes poésies où apparaisse la légende sont composées « dans le ton long de Tannhäuser », et l’introduction de ce nom dans la merveilleuse histoire n’a peut-être pas d’autre cause. On a cependant pensé que c’était bien le Minnesinger du XIIIe siècle qui en était le héros. « La légende, dit un savant critique, dut entourer de bonne heure le poète vagabond ; le pécheur repentant, dans la chanson populaire, adresse son cri d’angoisse au pape Urbain IV, et cela s’accorde bien avec l’époque où vécut le Tannhäuser historique 10. » Cet accord même paraît suspect : la légende ne connaît guère de telles précisions. Il n’est pas d’ailleurs aussi complet qu’il en a l’air. Le Tannhäuser paraît être né vers 1200, et nous n’avons aucune trace certaine de lui passé 1255 ; admettons même qu’il ait vécu jusqu’au temps du pape Urbain IV (1261-1264) : est-ce à un sexagénaire qu’on aurait attribué l’aventure du Venusberg ? Je crois bien plutôt que le nom du pape Urbain est venu d’Italie avec la légende elle-même 11, et que par un motif quelconque, peut-être simplement pour remplir un vers, on l’a spécifié « quatrième 12 ».

Le nom du Venusberg est propre aussi à la légende allemande, mais il n’y a pas de raison de croire qu’il appartient à une ancienne tradition. On ne le rencontre pas en Allemagne antérieurement à la légende du Tannhäuser elle-même, et il paraît être simplement le produit d’une substitution du nom de Vénus à celui de la Sibylle, moins connu 13. On a dit, il est vrai, que Vénus n’était ici que le prête-nom d’une vieille divinité nationale, Holda ou Berchta ; mais il est aujourd’hui démontré que Holda et Berchta ne sont pas d’anciennes divinités germaniques, que leurs noms n’apparaissent pas avant le XIVe siècle, et qu’elles n’ont rien de commun avec Vénus. On a voulu aussi reconnaître dans la Vénus de notre légende la déesse germanique de l’amour, Freia ; mais rien, dans ce que nous savons sur cette épouse de Wotan, ne nous la montre en possession d’un royaume souterrain où elle attire les mortels. La « basse mythologie » allemande connaît des montagnes où habitent des êtres surnaturels, et où l’on voyait des entrées de l’enfer ; mais ce sont des séjours d’effroi et non de volupté. Le Venusberg souvent mentionné dans la littérature allemande des XVe et XVIe siècles provient sans doute de notre légende et n’est nulle part bien défini : il n’a pas de localisation propre ; c’est seulement dans notre siècle qu’on s’est plu à l’identifier avec une montagne de Thüringe, le Horselberg. Vénus a d’ailleurs si bien remplacé la Sibylle, en Allemagne, dans notre légende que les Allemands, au XVe siècle, s’enquéraient en Italie de la « montagne de Vénus », que personne n’y connaissait, et arrivaient à la retrouver, par une sorte de divination, dans la « montagne de la Sibylle », dont les Italiens racontaient des choses toutes pareilles 14.

Le Venusberg et le Tannhäuser écartés, reste la légende religieuse. Celle-ci ressemble tellement à la légende italienne sur la Sibylle qu’il faut que l’une provienne de l’autre. Dans toutes deux, nous voyons le héros s’arracher, par remords, aux délices du « paradis » souterrain où il a pénétré ; dans toutes deux, il se rend de là directement à Rome et demande l’absolution au pape, qui la lui refuse ; dans toutes deux, il retourne, désespéré, à la montagne fatale, et les messagers du pape, envoyés pour lui annoncer qu’il est pardonné, arrivent trop tard. Certains traits, conservés seulement dans quelques variantes du Lied, augmentent encore la précision de ces rapprochements : une chanson suisse nous dit que, quand Tannhäuser était chez « dame Frene », un an lui semblait un jour, tout comme au héros de La Sale ; une autre, suisse également, rapporte que, le dimanche, les belles dames de la montagne « sont des vipères et des serpents », comme les habitantes du paradis de la Sibylle. Il faut noter que ces traits archaïques se trouvent dans des chansons qui appartiennent à une région intermédiaire entre l’Allemagne et l’Italie 15.

Le seul critique qui, jusqu’à ces derniers temps eût rapproché de la chanson allemande le récit d’Antoine de La Sale, Alfred de Reumont, croyait que c’était la légende allemande qui avait pénétré en Italie. M. Soderhjelm pense aussi que la légende du Tannhäuser a été apportée au Monte della Sibilla par ces visiteurs allemands que mentionne La Sale et dont le bon Arnold de Harff fut le dernier. Mais cette hypothèse soulève de grandes difficultés. Il faut admettre, en effet, que deux légendes presque pareilles, comprenant également des traits forts particuliers, comme la métamorphose des habitants de la montagne en serpents et le voyage à Rome du pécheur repentant, s’étaient formées indépendamment en Allemagne et en Italie, et qu’elles se sont fusionnées dans l’histoire racontée à La Sale par les gens de Montemonaco ; la légende allemande aurait donné au pape un rôle odieux parce que Urbain IV était l’ennemi des Staufen, tandis que la légende italienne, représentée par Guerino il Meschino, aurait attribué au pape un rôle bienveillant et fait absoudre par lui le héros de l’aventure. Cela ne paraît pas vraisemblable. Le récit de Guerino est bien plutôt, comme je l’ai dit, une variante édifiante de l’histoire originaire : si Guerino reçoit l’absolution du pape, cela s’explique fort bien, puisqu’il a résisté aux séductions de la Sibylle.

Mais la présence même de ce récit dans un roman écrit en Toscane avant la fin du XIVe siècle nous fait remonter, pour la légende italienne, à une époque bien plus reculée que celle où apparaissent en Allemagne les premières allusions à l’aventure du Tannhäuser. Je crois donc, pour ma part, que la légende, dans sa forme religieuse, s’est constituée en Italie et a de là passé en Allemagne. Dans la version qu’Antoine de La Sale recueillait en 1420 à Montemonaco, nous voyons, comme dans la chanson allemande, le pape refuser l’absolution au visiteur de la caverne enchantée, s’en repentir ensuite, mais trop tard, et lui envoyer des messagers porteurs de sa grâce, qui n’arrivent qu’après qu’il est rentré pour toujours dans le royaume de perdition. Seulement la dureté du pape a été atténuée dans ce récit, – soit par Antoine, soit par ceux de qui il la tenait, – avec une visible gaucherie. Elle n’aurait été qu’apparente : le pape aurait eu dès le premier moment l’intention de pardonner, et c’est grâce aux machinations de son écuyer 16 que le chevalier, se croyant à tort condamné, serait retourné auprès de la Sibylle 17. C’est avec cette atténuation maladroite que la légende italienne passa en Allemagne, sans doute par l’intermédiaire de la Suisse. Le nom de la Sibylle y fut remplacé par celui de Vénus, et le Venusberg devint longtemps pour les Allemands un objet de terreur et de désir ; seulement, comme je l’ai dit, on ne savait où le placer : on le cherchait non en Allemagne, mais en Italie, peut-être par une vague réminiscence de l’origine de la légende. Quant au héros, sans doute anonyme dans les récits italiens, il reçut le nom de Tannhäuser, pour les raisons que j’ai essayé d’indiquer plus haut.

Est-ce aussi en Allemagne que fut ajouté à la légende le trait du bâton sec qui se couvre de verdure ou de fleurs 18, ce beau symbole qui donne tant de poésie au récit et lui a sûrement valu la plus grande part de son succès ? On peut le croire, car il manque dans tous les récits italiens et aussi dans les plus anciens textes allemands. Je ne le crois pas cependant. Si nous admettons que la façon dont La Sale présente le rôle du pape est une atténuation voulue, il s’en suit que dans la forme primitive le pape refusait pour de bon l’absolution et était averti ensuite par un miracle qu’il avait eu tort de la refuser. Ce miracle devait être celui que nous trouvons dans les chansons allemandes, le bâton sec qui reverdit ou fleurit, emblème du repentir qui transforme l’âme du pécheur. Comme le dit Dante en son admirable style, les prêtres ont beau maudire le pécheur,

Per lor maladizion si non si perde,
Che non possa tornar l’eterno amore,
Mentre che la speranza ha fior del verde 19.

Ce qui paraît impossible aux hommes, Dieu peut le faire, voilà ce que signifie ce symbole. C’est la mise en action, sous une autre forme, de la parole évangélique : « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’être sauvé. – Aucun riche ne peut donc être sauvé ? – Rien n’est impossible à Dieu. »

Cet emblème du bâton desséché qui reverdit ou fleurit se retrouve dans quelques légendes pieuses ; c’est un produit charmant et spontané de l’imagination populaire. Déjà dans Homère, quand Achille jure par le bâton qu’il tient à la main et « qui ne portera plus de feuilles ni de branches et ne reverdira plus, car l’airain lui a enlevé son feuillage et son écorce », il veut certainement dire qu’il ne changera pas plus de résolution que le bâton ne reverdira.

La morale qui se dégage de la forme religieuse donnée à notre légende est une de celles que le Moyen Âge a le plus aimées, et il l’a souvent, comme ici, appliquée à des histoires auxquelles elle était d’abord tout à fait étrangère. C’est l’idée, éminemment catholique, qu’il n’est pas de si grand péché que Dieu ne pardonne à la confession et au repentir sincère. Les légendes de saint Grégoire, incestueux et parricide, de saint Jean Bouche d’Or, fornicateur et assassin, de Robert le Diable, chargé de tous les crimes, de bien d’autres saints, ne sont, dans leurs versions médiévales, que des illustrations de cette pensée. Ce qui est propre à la nôtre, c’est l’antagonisme qu’elle exprime entre l’inflexibilité de l’Église et l’infinie miséricorde de Dieu. Cet antagonisme donne au récit son caractère original et tragique, car on ne sait au juste si le héros est finalement pardonné ou s’il sera, par la faute du pape, damné irrémissiblement. Il rentre, il est vrai, dans le paradis infernal, et semble par là renoncer au vrai paradis ; mais le miracle du bâton peut signifier qu’il est néanmoins sauvé, et qu’au jugement dernier, quand s’accomplira la destinée des hôtes de la montagne mystérieuse, il aura la joyeuse surprise de se trouver rangé à droite, tandis que le pape qui l’a témérairement condamné ira subir dans l’enfer la peine de sa présomptueuse dureté. Il semble cependant que ce ne soit pas tout à fait là l’esprit de la légende, et que l’ami de la Sibylle doive, par la damnation, expier sa désespérance, – le seul péché impardonnable, car Judas lui-même, s’il s’était sincèrement repenti, attrait obtenu sa grâce, – comme le pape expiera son manque de foi en la clémence divine.

C’est en Italie que la légende doit avoir pris cette forme religieuse, qui s’est localisée à la montagne de la Sibylle, où sans doute on ne logeait d’abord qu’une voyante et non une séductrice. Le voyage de Rome semble l’indiquer : des monts Sibyllins à Rome la route n’est pas longue, et on prétend même que, par un temps clair, on peut, de leurs hauteurs, apercevoir le dôme de Saint-Pierre. L’esprit du récit convient au génie italien, et nous avons vu que dès le XIVe siècle, et sans doute même dès le XIIIe, ce récit devait exister en Italie avec ses traits essentiels. La légende du Tannhäuser, telle qu’elle apparaît en Allemagne au XVe et au XVIe siècles, n’est donc pas d’origine allemande ; elle remonte à la légende du Monte della Sibilla, dont nous pouvons constater l’existence à une époque bien plus ancienne.

*
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La légende italienne n’est d’ailleurs, nous l’avons vu, que l’adaptation aux idées chrétiennes d’un thème antérieur au christianisme. Ce thème paraît de formation celtique, et il a dû être apporté en Italie, avec bien d’autres, des bords lointains de l’océan britannique. Il contient, si on veut le presser, un problème psychologique plus haut et plus vaste que la lutte de l’amour sensuel et de l’amour pur, un problème que Wagner touche en passant lorsqu’il nous montre Tannhäuser, au milieu des délices du séjour de Vénus, aspirant à la lutte et à la souffrance humaines. C’est le problème même du bonheur, que l’humanité, depuis qu’elle pense, qu’elle sent et qu’elle songe, se pose toujours et n’arrive pas à résoudre.

Le héros de notre légende est accueilli dans un séjour où tous les maux de la terre sont inconnus, où le temps s’écoule sans faire sentir sa fuite, sans amener les dégradations de la vieillesse et la menace, chaque jour plus voisine, de la mort, où toutes les jouissances, ici laborieusement conquises, disputées à la souffrance, précaires et fugitives, sont données sans mélange et obtenues sans travail, où l’amour, enfin, « le seul bien d’ici-bas », est à la fois éternel et toujours nouveau. Mais dans ce « paradis », dans cette « terre de la joie », dans ce « pays de l’éternelle jeunesse », il éprouve au bout de quelque temps la satiété de voluptés sans lutte, d’une vie sans activité et sans travail ; il ressent l’impérieuse nostalgie de la vraie vie humaine avec ses désirs rarement satisfaits, avec ses peines qui assaisonnent les joies, avec ses efforts qui donnent du prix aux résultats atteints... Ainsi ce bonheur parfait que l’âme humaine rêve toujours, elle a beau le construire librement d’après son rêve, dès qu’elle essaie de le réaliser, elle sent qu’elle ne saurait en jouir.

Le sentiment qui est au fond des vieux mythes sur le séjour de la joie sans mélange s’est retrouvé – tant il est vraiment humain – dans l’âme du poète philosophe qui, de nos jours, a essayé, sans recourir à ces mythes et sans les connaître, de donner, lui aussi, un corps à notre rêve de bonheur. Sully Prudhomme nous montre deux amants, – il a réuni dans son paradis deux êtres qui s’aimaient sur terre, et cela est plus délicat et plus touchant que les amours du mortel, dans les vieilles légendes, avec une déesse ou une fée, – il nous les montre, – en un séjour où est rassemblé tout ce qui peut charmer les sens et l’âme, où il n’y a ni douleur, ni fatigue, ni mal d’aucun genre, où le besoin de savoir est satisfait aussi bien que celui de sentir, – jouissant d’abord avec ivresse et de tout ce qui les entoure et de leur amour que rien ne menace plus. Mais bientôt la mélancolie se glisse dans l’âme de Faustus : il ne peut se contenter de jouir sans mériter, sans valoir ; il pense aux hommes, ses frères, qui gémissent encore sous le poids de l’ignorance, de la misère, de la douleur et du vice, et, d’accord avec sa chère Stella, il demande à retourner sur la terre, à reprendre la seule vie qui convienne à l’homme, celle où il y a de la lutte, de l’effort et du mérite.

La vague conception des anciens âges est ici singulièrement ennoblie par une pensée où ont passé le souffle de la philosophie idéaliste et la flamme de la charité chrétienne ; mais elle est essentiellement la même, et elle répond à l’éternelle antinomie qui fait le fond de la nature humaine. Elle semble au premier abord bien pessimiste ; à la méditer, elle apparaît consolante. Elle nous réconcilie avec notre destinée en nous montrant que cette destinée nous est imposée par notre nature et que nous en rêverions vainement une autre tant que nous garderons cette nature, dont nous ne pouvons nous défaire sans cesser d’être nous-mêmes. Elle nous fait accepter les fatigues, les incertitudes, les souffrances, la vieillesse, la mort, comme les données mêmes de notre condition ; elle nous rend plus précieuses les joies que nous arrachons à tant de menaces ; elle rehausse, enfin, en nous le sentiment de notre dignité méritant sans cesse par l’effort les biens que nous pouvons atteindre, nous nous sentons supérieurs à ce que seraient des bienheureux auxquels la félicité tomberait du ciel toute prête et toujours renouvelée, sans qu’ils fissent rien pour la conquérir par eux-mêmes.

Cette idée si profonde, où se mêlent d’une façon si poétique l’enchantement de l’espérance et le désenchantement de la réflexion, n’est à vrai dire que suggérée par le vieux conte, elle n’y est pas nettement indiquée, car il fait rentrer le héros, et pour toujours, dans le paradis qu’il a quitté. Encore moins a-t-elle pu être celle des premiers mythes, d’où ce conte s’est peu à peu développé, et qui ne connaissent pas même le retour passager du héros. À l’origine, il s’agissait sans doute simplement de la possibilité pour l’homme d’arriver, même avant sa mort, à la félicité dont quelques héros jouissent, après la mort, dans la « terre des bienheureux ». Plus anciennement encore, cette terre de la mort, devenue la terre de l’immortalité, n’était que le reflet du vague rêve qui se levait dans 1’âme enfantine des premiers hommes pensants lorsqu’ils voyaient le soleil disparaître derrière une montagne ou, au bout de l’horizon, se plonger dans la mer. Ils imaginaient le pays mystérieux où l’astre séjourne jusqu’à ce qu’il reparaisse de l’autre côté du ciel ; ils se plaisaient à y voir un monde enchanté, d’où l’astre éternellement jeune ressortait chaque jour aussi brillant, et où peut-être était réalisée cette félicité parfaite qui ne se trouve pas sur la terre. C’est ainsi que les rêves des vieux âges, passant de lieux en lieux, et de générations en générations, se colorent des pensées changeantes des époques, des races et des patries qui se les transmettent. L’antique « Hespérie », la terre que le soleil visite au-delà des mers du couchant, est devenue le pays féerique, peuplé de femmes d’une incomparable et éternelle beauté, où règne la félicité sans mélange. Des mortels y sont allés, et l’on en a vu revenir vivants quelques-uns qui y sont retournés pour toujours. Ailleurs, c’est dans une de ces montagnes qui semblent former la barrière de l’empire nocturne du soleil, qu’on a placé le palais de l’éternelle jeunesse. Le christianisme est venu : l’Église voit dans ce faux paradis un véritable enfer, et refuse d’absoudre le téméraire qui assure y avoir pénétré ; mais le peuple croit que Dieu aurait pardonné à celui qu’a égaré le rêve indomptable du bonheur. Et le poète philosophe de nos jours ne trouve que vanité dans le rêve lui-même, tandis que pour le dramaturge la lutte entre l’enfer et le paradis devient la lutte entre deux formes de l’amour... C’est toujours, sous des masques différents, le même visage qui nous apparaît, le même sphinx qui nous fascine. Nous voudrions accorder les joies éphémères de la vie avec une félicité plus parfaite et plus durable, la jouissance avec la noblesse morale, l’amour pur et dévoué avec la volupté aux appels puissants, et, ballottés entre nos inconciliables désirs, nous écoutons avidement et nous écouterons toujours les contes qui nous parlent, fût-ce pour nous faire frémir, de mortels comme nous qui ont pénétré, vivants, dans le monde de nos rêves et qui, revenus un moment parmi les hommes, ont pu leur en révéler quelques secrets.





Notes



1. On trouvera dans cet article le héros de la légende et du drame appelé tantôt le Tannhäuser, tantôt simplement Tannhäuser. C’est la première forme qui est la plus authentique : le Minnesinger dont nous ignorons le prénom n’était désigné, de son temps, que par le nom de la famille des Tannhausen, à laquelle il appartenait. Mais de bonne heure on a dit simplement Tannhäuser. J’ai ramené à cette forme consacrée les variantes (Tanhuser. Danhuser, etc.) qu’on trouve dans les documents anciens. – Je renvoie une fois pour toutes à l’excellente étude de M. Erich Schmidt, parue dans le numéro de novembre 1892 de la revue allemande Nord und Süd.

2. Je traduis la forme la plus ancienne, dont s’écartent peu les autres versions en haut-allemand, anciennement recueillies ; j’indiquerai en note quelques variantes des versions bas-allemande, néerlandaise, danoise et suisses.

3. Dans la version suisse, Vénus promet « sa plus jeune fille ». La réponse de Tannhäuser (pareille dans toutes les versions) est peu claire : a-t-il une fiancée, ou veut-il parler de la Vierge Marie ?

4. Je passe ici huit vers qui répètent à peu près les précédents.

5. Je traduis ce quatrain d’après des variantes et j’omets ensuite trois quatrains qui appellent cependant quelques remarques. Vénus finit par donner congé à Tannhäuser et lui recommande de la célébrer ; la chanson ne donne pas de suite à cette indication, dont Wagner s’est inspiré pour la scène de la Wartburg. – Elle lui dit aussi : « Prends congé des vieillards », désignant sans doute les plus anciens des habitants de la montagne, auxquels, dans les habitudes courtoises du Moyen Âge, il devait demander congé avant de partir. S’appuyant sur la leçon d’une seule version (la plus ancienne, il est vrai) « du vieillard », – on a voulu trouver là la mention du « fidèle Eckart », personnage de la vieille épopée germanique qu’on trouve mêlé à quelques descriptions du Venusberg ; mais cela est tout à fait invraisemblable, Il est même possible que la variante danoise, qui dit : « Nous vous montrerons le chemin », ait ici conservé la forme primitive (voir le récit d’Antoine de la Sale). Dans un Meisterlied, qui est peut-être du XVe siècle, on lit : « Prends congé du vert rameau. »

6. Ce vers est emprunté aux leçons bas-allemande, néerlandaise et danoise.

7. La plupart des versions intercalent ici un quatrain qui ne va pas avec le reste : « Et si je vivais encore un an, – un an sur cette terre, – je ferais confession et pénitence – et gagnerais la grâce de Dieu. » Dans quelques-unes, cette pensée est suivie de malédictions contre les prêtres, qui perdent tant d’âmes que Dieu aurait volontiers sauvées.

8. Très jolie variante dans la version suisse : « Quand il sortit par la porte de la ville, ¾ il rencontra Notre Dame : – « Adieu, Vierge pure ! – Je n’ai plus le droit de te regarder ! » – La variante bas-allemande est d’une beauté antique : « Quand il arriva devant la montagne, – il regarda de tous côtés autour de lui : – « Adieu, soleil, – adieu, lune, – et aussi tous mes chers amis ! »

9. La fin est assez différente suivant les versions : la dernière strophe n’est que dans deux leçons. Les leçons bas-allemande et danoise ont supprimé la damnation du pape ; elles disent : « Le pape se chagrina beaucoup, – et il pria sans cesse – que Dieu exauçât le voeu de Tannhäuser – et lui pardonnât son péché. » La chanson néerlandaise intercale trois strophes, qui ne manquent pas de poésie, sur l’attitude de Daniel (c’est ici le nom du héros) quand il est rentré dans la montagne : il s’assied sans mot dire, et c’est en vain que Vénus lui offre un repas délicat et une coupe d’or : il ne boit ni ne mange ; elle fait danser devant lui sept jeunes filles rieuses : « Sire Daniel reste silencieux. » La chanson danoise ajoute deux quatrains édifiants sur les dangers de l’amour, prouvés par l’exemple de Danyser.

10. E. Schmidt, p. 179.

11. Antoine de la Sale hésite entre Urbain VI et Urbain VII.

12. On a cependant fait remarquer qu’Urbain IV, Français de naissance, avait été un adversaire passionné des Staufen et avait pu laisser une mauvaise réputation en Allemagne.

13. Il y a peut-être une trace curieuse de la pénétration en Allemagne de la tradition italienne sous sa vraie forme dans ce même poème de la Guerre de la Wartburg dont Wagner devait mêler le thème à l’histoire du Tannhäuser. On y parle de Félicia, fille de Sibylle, qui, avec Junon (!) et Arthur, vit dans une montagne. Cette Sibylle, mère de la Félicité, et son empire souterrain doivent provenir de la légende italienne. Or cette allusion remonte au XIIIe siècle.

14. Ils voulaient la retrouver partout. Le franciscain Jean Faber, qui fit, en 1485, un voyage en Terre Sainte qu’il a raconté dans son Evagatorium, la reconnaissait dans le mont Sainte-Croix, de Chypre, l’ancien promontoire d’Aphrodite : « Le bruit court parmi le peuple en Allemagne qu’un noble de Souabe, appelé le Danhuser, vécut quelque temps dans cette montagne avec Vénus. Pressé par le remords, il vint se confesser au pape, mais l’absolution lui étant refusée, il retourna dans la montagne et ne reparut plus. Il y vit, dit-on, dans les délices, jusqu’au jour du jugement... Pourtant Vénus est morte et damnée, sans aucun doute. » J’emprunte cette citation curieuse à Émile-Melchior de Vogüé, Syrie, Palestine, Mont Athos, p. 25.

15. Dans ces mêmes chansons, Frene offre à Tannhäuser une de ses compagnes, ou « sa plus petite fille ». C’est donc comme dans la version d’Antoine de La Sale ; dans la « vulgate » du Lied, elle lui donne elle-même son amour, mais il reste un vestige de la conception plus ancienne.

16. Tout le rôle inutile de l’écuyer a été ajouté pour amener cet incident.

17. On pourrait voir un indice de l’origine allemande du récit de La Sale dans le fait que le héros en est un chevalier allemand ; mais cela peut très bien avoir été ajouté par La Sale, qui voulait le reconnaître dans ce Hans van Bramburg qui avait si hardiment gravé sur le mur du vestibule : intravit. D’ailleurs il parle de personnages d’autres nations qui avaient aussi pénétré dans le paradis.

18. Il verdoie simplement dans la version la plus répandue, mais dans plusieurs chansons suisses et dans la chanson néerlandaise il porte des fleurs.


ZOUZOU
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MessageSujet: Légende d'Europe.   05.08.11 12:02

Bonjour à tout le monde, j'ai oublié de mettre ma source pour La Légende du Tannhaüser.
Source : http://www.biblisem.net

ZOUZOU


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Josette
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MessageSujet: Re: Légendes européennes.   05.08.11 13:15

Merci Cosmos j'adore les belles légendes merci pour le lien aussi, ne vous inquiétez pas j'ai eu un gros problème informatique, qui est résolu enfin j’espère. Pour le moment je touche du bois il c'est emballer d'un seul coup il m'a ouvert des fenêtres à tout va !!!je rigole maintenant mais c'était loin d'être drôle !! ZOUZOU Bonne Vacance à tous et tte!!!!
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MessageSujet: Légende d'Europe.   06.08.11 6:06

Bonjour tout le monde.

Il était une fois, il y a bien longtemps, un couple qui était frappé d'une très grande misère. Leur pauvreté nourrissait à peine leurs quatre enfants et le malheur voulut que la femme accouche d'un cinquième qu'ils appelèrent Jean-de-trop. Mais ni parents, ni voisins, ni amis, connaissant leur état de pauvreté n'acceptèrent de devenir le parrain et la marraine du petit. Ils savaient quand cas de malheur, ils auraient à veiller à l'enfant comme tout bon parrain et toute bonne marraine. Le couple était à se lamenter dans leur petite maison lorsqu'un mendiant, encore plus pauvre qu'eux, se présenta à leur charité. Hors, les parents de Jean-de-trop avaient toujours eu pour principe d'aider plus pauvres qu'eux et ils partagèrent leur bien maigre repas avec l'inconnu. Ayant confié leur malheur de ne point trouver de parrain pour leur dernier-né, l'inconnu se proposa pour le rôle. Il leur dit de ne s'occuper de rien pour le baptême, qu'il veillerait à tout ainsi qu'au choix de la marraine.

Le jour du baptême arriva et les parents, loin d'être rancuniers avaient convié à la fête, parents, voisins et amis. Ils étaient à se demander ce que le pauvre mendiant avait bien pu préparer pour le baptême lorsqu'ils virent venir de nombreux carrosses remplis de victuailles, de pain et de vin. Les yeux émerveillés des invités virent alors descendre le parrain d'un des carrosses qui tendit la main à la marraine. Mais alors, tous s'enfuirent, car ce qui descendit du carrosse n'était autre qu'un squelette tout blanc, la Mort ! Seuls étaient restés les parents du futur baptisé. L'homme et la Mort leur dirent de ne point avoir peur, qu'ils ne pouvaient désirer plus belle marraine que la Mort et que cette dernière saurait récompensé ce choix en gâtant son filleul… Bref, le baptême se déroulé et la Mort offrit au petit Jean-de-trop ainsi qu'aux membres de sa famille de vivre 200 ans sans jamais connaître la maladie.


Lorsqu'il atteint l'âge de dix-huit ans, sa marraine apparut à Jean-de-trop et lui avoua qu'il était temps qu'il trouve un métier honorable. Il choisit pour lui celui de médecin. Le jeune homme répliqua de suite qu'il n'était pas aussi savant et qu'il ne connaissait rien au latin et autre charabia de médecin ! Mais la Mort se moquait bien des connaissances des médecins car elle seule possédait le pouvoir de connaître si le malade mourrait ou bien vivrait. Elle confia donc au garçon le truc suivant : lorsque celui-ci se rendrait au chevet des malades, il serait le seul à apercevoir sa marraine. Si celle-ci apparaissait au pieds du malade, il vivrait. Jean-de-trop n'avait qu'à prétendre alors que quelques gouttes d'une potion de sa connaissance suffiraient à rétablir le patient. Mais si elle apparaissait à la tête du malade, il mourrait. Et Jean-de-trop n'avait qu'à déclarer que rien ne pouvait être fait dans ce cas.


La renommée de Jean-de-trop dépassa bien vite les frontières et porta jusqu'aux oreilles d'un grand roi dont la fille était très malade. Tous les médecins avaient prédit une fin tragique ; pour en avoir le cœur net, le roi fit venir au chevet de la belle princesse, Jean-de-trop. Ce dernier voyant sa marraine aux pieds de la jeune femme, demanda au roi la main de sa fille s'il parvenait à la guérir. Le roi n'hésita pas un instant préférant de loin une fille mariée mais vivante que célibataire et morte. La jeune princesse guérit comme l'avait dit Jean-de-trop et épousa le jeune homme qui était loin d'être repoussant !


Mais une chose ennuyait fortement l'heureux époux. Il savait que sa femme ne vivrait jamais aussi longtemps que lui. Il pria sa marraine d'accorder à son épouse de vivre jusqu'à 200 ans comme lui. Mais la Mort toujours refusa. Ne sachant comment la convaincre, Jean mit au défi la Mort de se faire si petite de taille qu'elle pourrait pénétrer dans la gourde qu'il tenait entre ses mains. La Mort releva le défi mais aussitôt qu'elle avait pénétré dans la gourde, le jeune homme referma celle-ci et cria à la Mort d'accorder une vie de 200 ans à sa femme sinon elle resterait enfermée là-dedans ! Au bout de huit jours, alors que personne ne mourrait nulle part sur la terre, la Mort céda et offrit à son astucieux filleul ce dont il rêvait…


Ainsi les deux tourtereaux vécurent longtemps, très longtemps dans un bonheur sans nul pareil…


Source : http://www.lefantastique.net

ZOUZOU


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MessageSujet: Légende d'Europe.   07.08.11 11:10

Quand on parle de Belgique aux français, ce qui les impressionnent le plus, c'est la statue du Manneken Pis. Mais qui est-il ? Que représente-t-il ?

On nous rapporte qu'en 1212, une méchante vieille dame, que les Bruxellois appelaient la sorcière habitait une maison située au coin de l'actuelle rue du Chêne et de la rue de l'Étuve, appelée ainsi car il s'y trouvait déjà à cette époque un bain public dénommé “étuve”.
Cette vieille dame était très méchante, sale et loqueteuse et elle ne sortait qu'à la nuit tombée.
Où allait-elle, nul ne le sait, et personne n'osait la suivre. Qui aurait osé le faire ?
Les passants, qui la rencontraient rentrant le soir chez eux, faisaient un détour, pour ne pas se trouver devant elle.
Près de là, il y avait également un bon vieillard fort aimé des Bruxellois, qui faisait beaucoup de bien autour de lui, et les enfants le chérissaient.
Un jour, un petit garçon qui passait dans la rue de l'Étuve, s'arrêta et sans prendre garde où il se trouvait, se mit à satisfaire un besoin urgent, malheureusement il choisit le recoin de la porte de la maison de la méchante vieille dame.
La sorcière entendant un bruit insolite, sortit de sa maison et apercevant l'enfant qui finissait son soulagement naturel, lui dit plein de colère.
- Tu as déshonoré ma maison, tu l'as salie en faisant ce que tu viens de faire. Je te maudis et te condamne à faire ce que tu as fait durant les siècles à venir.
L'enfant devait se transformer en statuette, il ne méritait vraiment pas un tel châtiment !
Heureusement à cet instant précis le bon vieillard apparut portant une statuette comparable au gamin qu'il mit à la place du petit garçon.
Ensuite, il prit le pauvre enfant interdit par la main et le conduisit au plus pressé auprès de ses parents.
C'est depuis ce temps-là qu'une statuette à toujours fait ce que l'innocent gamin aurait dû faire depuis des siècles sans l'intervention du bon vieillard.


Deuxième légende

Il y avait une fois un petit garçon âgé de 3 ou 4 ans qui était le fils unique dune famille de bons bourgeois bruxellois.
Ses parents le choyaient comme un petit prince.
Un jour qu'il y avait fête à la Grand-Place de Bruxelles, les parents revêtirent leur petit garçon de ses plus beaux habits pour assister aux divers divertissements donnés par les édiles de la ville et les compagnons des diverses gildes.
Il y avait beaucoup de monde dans les environs de la Grand-Place, et l'enfant curieux tirait ses parents par ici, par là tant qu'à la fin il fut séparé deux.
Insouciant, le gamin suivait la foule, il regardait à gauche, à droite, s'amusait énormément pendant que ses parents affolés le cherchaient de tous côtés.
La nuit vint et ils ne le retrouvèrent pas.
Quatre jours se passèrent et le gamin n'était pas encore retrouvé.
Toutefois, le père malgré son inquiétude, espérant que son fils n'avait pas été enlevé, continuait ses recherches dans la ville. Le cinquième jour, arrivé au coin de la rue de l'Étuve et de la rue du Chêne que vit-il ?
Son cher gamin était dans une posture qui ne laissait pas de doute sur son besoin naturel.
Le père s'empressa auprès de son bambin, qu'il prit dans ses bras, l'embrassant sans arrêt, en l'emportant en courant vers sa maman qui parcourait la Grand-Place. En souvenir de cet événement, les parents commandèrent une statue de pierre qu'ils firent élever à l'endroit où le petit garçon s'était arrêté, et de la fontaine s'écoula depuis un filet d'eau dans un bassin qui se trouve sous elle.
Actuellement, certains jours de fête à Bruxelles, un filet des bières nationales bruxelloises, le lambic ou la gueuze, s'écoule en filet de la statuette.


Troisième légende

On raconte encore que Bruxelles fut bloqué par un ennemi puissant et que le siège de la ville dura plusieurs jours.
Les assiégeants, s'apercevant que la ville résistait, allumèrent une mèche avant leur départ pour incendier Bruxelles.
La populace heureuse d'être délivrée de leurs ennemis fêtait leur délivrance.
Heureusement un petit garçon passant rue de l'Étuve voyant la mèche qui brûlait, et, malgré son jeune âge, comprit le danger qui guettait la ville.
Comme il ne savait où trouver de l'eau pour éteindre la mèche, il n'hésita pas une seconde et se mit à arroser le feu qui s'éteignit aussitôt.
Des fêtards passant par là virent le héros qui sauva par son besoin naturel, la ville de Bruxelles.
Le fait fut vite rapporté et, en son honneur les bourgeois élevèrent une statuette reproduisant son acte héroïque.


Quatrième légende

On raconte que “Menneke-Pis” ou “Manneken-Pis” était le petit prince Godefroid, âgé de cinq ans.
Un jour, lorsqu'il marchait en tête dune procession se rendant avec le clergé au-devant dune armée de croisés revenant de Jérusalem, il s'arrêta au coin de la rue de l'Étuve et de la rue du Chêne pour un besoin pressant.
Mais le petit Godefroid ne retrouva plus sa place dans la procession, celle-ci ayant continué son parcours, le clergé ne s'étant pas aperçu de son absence.
Au bout dune heure, certains participants de la procession s'aperçurent de l'absence de leur jeune prince et la panique se fit parmi eux.
Une délégation revint sur ses pas et retrouva leur prince à l'endroit où il s'était soulagé.
En souvenir de cette retrouvaille on éleva une statuette au coin des rues où Godefroid avait accompli son besoin naturel.

Cinquième légende

En entendant raconter les quatre premières légendes certains prétendront que ce n'est pas la bonne, et ils essayeront de vous prouver que la leur est la véritable.

Celle-ci raconte qu'un juif vola un petit bambin à ses parents et l'emporta dans sa maison.
Il faut signaler qu'à cette époque, les juifs étaient considérés comme des gens maudits ; on les éloignait des villes, on les pourchassait, et quand on leur permettait de se fixer, ils devaient habiter un quartier spécial, que nous appelons aujourd'hui “ghetto”.
On les accusait de maintes pratiques superstitieuses et on les imputait de bien des crimes, enfin, ils étaient craints et honnis de toute la populace.
On raconte que le juif voulait tuer le bambin, mais ayant appris qu'il était le fils d'un grand seigneur, il eut peur, et un soir, il conduisit l'enfant au coin de la rue de l Étuve et de la rue du Chêne, espérant que ses parents l'y retrouveraient facilement.
Effectivement, ses parents qui poursuivaient d'actives recherches dans les parages de la Grand-Place, retrouvèrent leur fils accomplissant son besoin naturel, là où le juif lavait déposé.
Les parents y élevèrent une fontaine avec une statuette reproduisant l'acte de leur cher bambin.

Sixième légende

On raconte encore que naissance de Menneke-Pis ou Manneken-Pis remonterait au VIIIe siècle.
Notre sixième légende raconte qu'un jour un seigneur invita, non sans arrière-pensée, Vindicien, évêque d'Arras à venir prêcher à Bruxelles ; il ne parvenait pas à avoir d'héritier, Vindicien promit d'intercéder auprès de Dieu.
La promesse fut exhaussée car neuf mois plus tard, l'épouse du seigneur mit au monde un bébé dont la première manifestation fut de satisfaire un besoin pressant, mais il l'exécuta avec une telle violence qu'il éclaboussa la barbe de Vindicien.
Peu de temps après, Vindicien trépassa.
Mais où organiser le baptême et qui acceptera cette tâche ?
L'épouse de seigneur suggéra de faire appel à Gudule, la filleule de Sainte Gertrude, qui résidait au château de Ham.
Flattée de cet honneur, Gudule organisa la cérémonie, bénit le bambin, embrassa l'heureuse maman, salua le père et sen retourna dans son château à Ham.
Mais notre seigneur quitta son épouse, séduit par la beauté de Gudule, il se rendit à la demeure de Gudule qui l'accueillit sans arrière-pensée. Mais s'apercevant des intentions perverses de son visiteur, la future sainte courroucée déclara pour le punir : “Votre fils unique ne grandira plus et n'arrêtera plus jamais de pisser”.


Septième légende

L'ermite et le Petit Julien :
Au VIIIe siècle, un gamin haut comme trois pommes se sauva pour regarder Saint Vindicien.
Il s'appelait Petit Julien et son père était follement amoureux de Gudule.
S'étant perdu et ressentant un besoin pressant, il se soulagea contre la porte de la cellule d'un saint ermite.
Celui-ci entendant un bruit étrange, ouvrit la porte et notre Petit Julien fut confronté à un personnage barbu de haute stature, et fut changé en statue de pierre et condamné à poursuivre éternellement son geste impudique.
Mais pour ne pas faire peur aux enfants, nos aïeux changeaient la fin de la légende, et racontaient que le père fit exécuter une statuette ressemblant à son bambin et lors de la présentation de celle-ci son petit garçon retrouva la vie et sauta au cou de son père en pleurant à chaudes larmes, promettant de ne plus recommencer son acte impudique.


Huitième légende

Godefroid III, duc de Lotharingie, naquit en 1142, peu après la mort de son père Godefroid II.
Deux vassaux, Gauthier Berthout et son frère Gérard de Grimbergen jugèrent le moment propice pour prendre les armes contre leur suzerain au berceau.
Ludgarde la maman du duc, fut contrainte d'appeler à son secours Thierry d'Alsace, comte de Flandre.
Le sire de Gaesbeek demanda la présence du jeune duc sur le champ de bataille. Les troupes passèrent en revue devant le berceau du jeune duc avant de partir au combat. Le berceau fut suspendu à la branche d'un chêne sur le lieu de la bataille à Ransbeek.
L'armée du marmot fut quatre fois repoussée, mais la cinquième attaque semblait perdue quand soudain les combattants furent galvanisés par la vue du jeune duc accomplissant tranquillement le geste resté célèbre.
Pour commémorer cette victoire, on éleva une fontaine à Bruxelles près d'un jeune chêne au coin dune rue qui porta depuis le nom de Rue du Chêne.
Quand au jeune duc, il grandit et reçut le surnom de Godefroid le Barbu.

Neuvième légende

On raconte encore qu'au temps des Croisades vivait à Bruxelles, le comte de Hove, son épouse et son fils Godefroid.
Il était de tradition que les hommes d'armes revenant des croisades s'arrêtent devant la demeure du comte.
Celui-ci offrant régulièrement l'hospitalité à ces glorieux combattants, envoya au-devant des troupes son fils âgé de 5 ans, un gamin très débrouillard, pour les accueillir.
Mais ce dernier, espiègle dans l'âme, ne cessa d'arroser le cortège.
Pour racheter l'affront infligé aux combattants, le comte et la comtesse firent élever une statuette expiatoire.

Dixième légende

Jean III duc de Brabant avait six enfants : ses trois fils moururent en bas âge, mais le petit Godefroid fit pourtant bien parler de lui.
Au début du XVe siècle, Bruxelles était déchirée entre les partisans de Bloemardine et les adeptes de Jean Ruysbroeck, deux mystiques.
Un jour les adeptes de Bloemardine, défenseurs des plaisirs terrestres défilaient en cortège.
En les voyant, le petit prince manifesta à sa façon, c'est-à-dire, en pissant au passage du cortège. Les partisans de Bloemardine le portèrent en triomphe, naturellement cela fit scandale.
Pour réparer cet acte, le duc offrit au clergé de faire élever à l'endroit où l'épisode s'était déroulé une statuette en pierre immortalisant le geste de son fils.



ZOUZOU


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MessageSujet: Légende d'Europe.   07.08.11 11:19



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MessageSujet: Légende d'Europe.   16.08.11 6:50

Bonjour tout le monde.
Petite légende basque pour aujourd'hui.

Le Lamina et le tailleur de pierre

Voilà bien bien longtemps, dit-on, il y avait un tailleur de pierre.
Estimant qu'il se fatiguait à frapper contre la pierre et qu'il lui valait mieux être autre chose, il voulu être riche.
Comme il y avait en ce temps-là beaucoup de Laminak, un de ces Laminak l'entendit et, sur-le-champ, le fait riche.
Mais, sous prétexte qu'il y avait encore plus puissant que lui, il en eut assez de son sort, et il voulut être Empereur. Et le Lamina le fit Empereur.
Par un été brûlant, il fut importuné par le soleil, et il réfléchit qu'il lui valait mieux être Soleil. Et le Lamina le fit Soleil.
Mais, le temps s'étant un peu brouillé, un nuage se mit devant lui, et, offusqué, il pensa qu'il lui valait mieux être nuage. Et le Lamina le fit Nuage.
Mais tandis qu'il déversait des trombes de pluie sur la terre, il observa qu'il n'agitait même pas certains gros rochers, et plus tôt que nuage il eût mieux aimé être rocher. Et le Lamina le fit Rocher.
Mais un marteau de fer à la main, un homme le fit sauter morceau par morceau, et il cria qu'il lui fallait être cet homme-là. Et, l'ayant fait Tailleur de pierre, le Lamina lui dit en le persiflant :
Qui a l'un veut avoir l'autre ! Te voilà aussi avancé que devant ! Depuis maintenant, demeurons ainsi : moi Lamina et toi Tailleur de pierre.
Et le Lamina ne reparut plus jamais au tailleur de pierre.

Source : www.infobasque.com

Dans la mythologie basque, un lamina est un esprit de la nature ou un génie d'apparence humaine.
ZOUZOU


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mjo
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MessageSujet: Re: Légendes européennes.   16.08.11 9:46

merci cosmos
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MessageSujet: Légendes européennes.   16.08.11 13:06

Bonjour Mjo, j'ai pensé à toi et à ceux qui avait des difficultés de lecture, j'ai mis en grand les légendes.

ZOUZOU


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mjo
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MessageSujet: Re: Légendes européennes.   16.08.11 13:29

tu es super cosmos un grand merci à toi.
ZOUZOU
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MessageSujet: Légende d'Europe.   17.08.11 11:47

Bonjour tout le monde.

Gilles de Chin nait en Tournaisis, en Belgique vers la fin du XIe siècle. Seigneur de Berlaimont et de Chièvres, il part à la première croisade, celle de Godefroy de Bouillon de 1095-1099 avec Jean de Gavre, Baudouin II de Hainaut, appelé aussi Baudouin de Jérusalem (1056-1098) et Giblion de Trazegnies. En 1098, Baudouin II de Hainaut meurt en terre Sainte après la bataille d’Antioche.

Plus tard, Gilles de Chin devient conseiller du comte Baudouin IV de Hainaut (appelé aussi le Bâtisseur 1110-1171), puis, en 1117, il devient sire de Berlemont avec titre de baron, par héritage de son oncle Isaac de Berlemont.

En 1129, Gilles de Chin, grand voyageur, rejoint l’armée d’occupation en Palestine, entre les deux premières croisades et il s’y distingue par d’éclatants faits d’armes. Auréolé de cette gloire, il revient au pays et épouse Ide de Chièvres.

Gilles de Chin est un personnage réel, mais il appartient à la fois à l'histoire et à la légende. Le roman voit Gilles, sire de Chin et de Berlaimont, affronter en combat singulier des animaux sauvages et même un « Gayant » (géant), mais il ne mentionne pas la légende selon laquelle il fut confronté à un dragon qui au village de Wasmes qui «ruinoit les moissons, devoroit le petit et gros bétail et n'épargnoit pas même les hommes ».



~ La légende ~

On dit qu’à son retour de Palestine, ce chevalier, seigneur de Berlaimont et chambellan de Baudouin IV de Hainaut (le Bâtisseur), tua, d'après la tradition, le terrible dragon qui désolait, au commencement du douzième siècle, le territoire du village de Wasmes.




La mâchoire du dragon était terrifiante et ses pattes armées de griffes redoutables. Le déploiement de ses ailes s’accompagnait de craquements inquiétants.

Son repaire se situé au pied d’une colline d’où il menaçait la ville de Mons en Belgique. Dans le village de Wasmes, on montre encore de nos jours, sur le penchant d'une des deux collines, le prétendu repaire du monstre épouvantable dont la tête se trouve conservée à la bibliothèque publique de Mons.
La panique commençait à régner malgré les murailles qui protégeaient la cité. Dans les couvents et les églises, prêtres et religieux imploraient Dieu de libérer le comté de ce monstre diabolique, tandis que les meilleurs chevaliers estimaient n’avoir aucune chance de venir à bout d’un dragon dont ils ne pourraient même pas entamer la carapace. Le découragement grandissait dans la population, certains envisageaient de quitter le pays. C’est alors que le jeune et courageux chevalier, Gilles de Chin, prit la résolution d’affronter la monstrueuse créature.

Aussi voyait-on autrefois au portail de l'église de Wasmes deux tableaux, dont l'un représentait le chevalier Gilles de Chin armé, vêtu de sa cotte et combattant un dragon ; l'autre figurait le même chevalier priant à genoux devant Notre-Dame. Mais ces peintures, remontant au commencement du XVe siècle, ont disparu comme le tombeau du chevalier, et il ne reste pour tout monument du fameux combat qu'un tableau moderne qui le représente.

En 1133, Gilles de Chin partit à la rencontre du dragon qu’il trouva à proximité de son antre, au pied de la colline. Quand la bête aperçut le chevalier, elle poussa un hurlement à vous glacer le sang. Par de larges coups de queues, l’animal balayait le terrain derrière lui, brisant les arbustes. Son effroyable gueule et ses griffes essayaient d’atteindre le cavalier qui, virevoltait autour de lui. Songeant que la libération des Hennuyers dépendait de lui, Gilles reprit du champ pour frapper encore lorsqu’il vit venir à lui une svelte jeune fille, vêtue de blanc, portant d’une main un fagot d’épine et de l’autre une lanterne allumée. Gilles lui cria de prendre garde au dragon. Nullement impressionnée, elle le remercia d’un sourire et jeta le fagot à ses pieds. « Faites lui avaler ceci », dit-elle simplement.
En un seul mouvement, Gilles éleva le fagot au bout de sa lance vers l’horrible gueule, qui le happa aussitôt. Surpris par la douleur inattendue provoquée par les mille épines qui s’incrustaient dans la chair molle de son palais, le dragon relâcha un instant son attention, ce dont la jeune fille profita pour mettre le feu au fagot à l’aide de la flamme de sa lanterne.
Puis elle disparut aussi légèrement qu’elle était venue. Comme affolé de stupeur et de douleur, le monstre rugit épouvantablement tandis que Gilles, ayant enfin trouvé le défaut de la cuirasse, lui enfonçait sa lance dans le cœur. Dans un dernier soubresaut, le dragon tente d’écraser son vainqueur mais Gilles esquiva le danger. Faut-il dire que la reconnaissance des habitants de Mons envers Gilles de Chin l’accompagna toute sa vie.

La dépouille du dragon de Wasmes, fut transporté à Mons par ordre du comte Baudouin IV de Hainaut.

Gilles de Chin fit assécher les marais de Wasmes ce qui fit reculer certaines maladies dues à la présence de moustiques et au Moyen Âge la victoire sur la maladie était assimilée à une victoire du bien sur le mal. Voilà notre monstre réduit à la taille d’un moustique.

Cette légende s’est transmise à travers les siècles et en 1657 on montre à Mons, la tête du dragon qui aurait été conservée dans une abbaye (cette tête est celle d’un crocodile du Nil).




~ Son décès ~

Gilles de Chin participait à de nombreux tournois. C’est à l'occasion de l'un d'entre eux qu’il fut tué d’un coup de lance le 12 août 1137 au siège de Roucourt. On rapporta son corps au Monastère de Saint-Ghislain en Belgique et on l’inhuma dans l’église du monastère.

Sur sa sépulture on éleva un mausolée de marbre noir sur lequel il est représenté couché et revêtu de ses armes, tenant au bras gauche un écusson.

Voici l’inscription de cette tombe :
Ci-gist Messire Gilles de Chin
Chambellan de Haynnau,
Seigneur de Berlaymont,
Anssy Chièvres et de Sars de
par sa femme, Dame Idon, personnage
Digne de mémoire, tant pour
son zèle au service de Dieu, que
Par sa valeur dans les armes,
lequel aydé de la
Vierge tua un Dragon qui
faisait grand dégât au terroir
de Wasmes. Il fut enfin occys
Rallecourt, ayant donné de
grands biens à cette
maison, au village
dud, Wasmes,
Requiescat
In pace.

Cette tombe fut plus tard transférée à l’église paroissiale de Sainte-Waudru à Mons, elle est déposée sous la porte qui conduit à la bibliothèque publique de cette ville.

Dans l'église de l'ancienne abbaye de Saint-Ghislain se célèbre encore actuellement l'obit du célèbre chevalier Gilles de Chin. Il n'existe aucun titre qui institue l'obit. La seule pièce sur laquelle on se base pour le célébrer est un martyrologe manuscrit appartenant à l'église de Saint-Ghislain, lequel contient sur un feuillet final, entre autres mentions de même espèce, cette note: « Le 12 août obit de Gilles de Chin ».

A Mons, à l'anniversaire de la mort de ce chevalier, une messe est célébrée pour le repos de son âme.


ZOUZOU


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MessageSujet: Légende d'Europe.   17.08.11 11:49

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MessageSujet: Légende européenne.   18.08.11 7:47

Bonjour à toutes et tous.

Quelle impopularité avait cette dame, dans les années 1600 ! Elle effrayait sans cesse les âmes de la paroisse de Saint Germain de Crioult, à quelques lieues de Condé sur Noireau. Elle effrayait et elle fascinait en même temps ; n’importe quel homme l’apercevait, il ne tarissait pas de propos dans les veillées : la Dame Blanche par ci, la Dame Blanche par là…
Il ne se passait pas un hiver sans qu’elle surgisse, ombre nébuleuse et vaporeuse, sur les murailles du manoir. Sa silhouette était celle d’une dame de grande famille, noble et fière ; elle s’arrêtait à un angle du mur, près de la porte d’entrée, et restait là comme un hôte qui attend son visiteur. Personne n’osait s’adresser à elle ; les voisins pressaient le pas dès qu’ils sentaient cette présence et les habitants du manoir restaient enfermés dans leur logis.
On remarquait depuis longtemps que les venues de la Dame précédaient toujours un grand malheur pour les seigneurs de la Rivière, qui tenaient le fief de Gouvy depuis plusieurs siècles déjà.
Une des apparitions de la Dame Blanche avait présagé du meurtre de Jean Jacques de la Rivière ; une autre avait devancé la mort mystérieuse de la châtelaine ; un violent incendie avait presque détruit le manoir, quelques jours après la venue du fantôme, n’épargnant qu’une statue de la Vierge dans un volute de l’escalier. À ces malheurs familiaux et domestiques, s’étaient ajoutées des calamités qui diminuaient d’autant les ressources de la famille, dont les revenus dépendaient des impôts prélevés sur les paysans : pluies anéantissant les récoltes, épidémies dans les étables…
Le domaine se dépréciait et ce n’était qu’un souvenir de grandeur quand il arriva, par héritage, entre les mains d’un jeune homme énergique et volontaire. Pour faire face aux créanciers, aux tuteurs et affirmer son autorité sur ses vassaux, il ne comptait que sur lui et voulut percer le secret de cette Dame Blanche !
Un soir, Gilles Béhier, fermier de la Vieuville, était venu porter quelques chapons au manoir. Il travaillait aux champs pendant tout l’été ; l’hiver, il pratiquait divers métiers, notamment ceux qui intriguent et troublent les petites gens ! Désenvoûteur, rebouteux, charlatan … Il soignait et guérissait aussi bien les maîtres que les troupeaux, intercédait près des esprits et peut-être des démons !
Béhier avait remarqué l’air soucieux du jeune maître de Gouvy, resté insensible aux chapons apportés par le fermier. Il interrogea son maître qu’il connaissait depuis toujours.Après quelques instants, le châtelain avoua la venue répétée de la Dame Blanche et celle prochaine d’un nouveau désastre ; Béhier répartit que les Dames Blanches, si elles annonçaient les malheurs, ne les provoquaient pas elles-mêmes. C’étaient souvent des morts agités qui cherchaient un prêtre pour dire des messes pour leur repos ! Béhier conseilla d’interroger la Dame Blanche pour connaître ses désirs ; le jeune seigneur voulut l’accompagner.
- Vous ignorez la façon de s’entretenir avec les spectres et, comme cette dame semble s’en prendre à votre famille, elle risque de vous emporter avec l’aide des démons.
Après maintes discussions, ils se mirent en chemin.
Le seigneur de Gouvy chevauchait sa jument Marjolaine. Tout à coup, cette dernière fit un écart. La Dame Blanche était debout au milieu de la route, le regard doux et le front triste. Le paysan fit un signe de croix, mais l’apparition restait là et regardait plutôt le jeune homme.
D’une voix légère, elle se présenta : Jeanne de Missy, épouse de Jacques de la Rivière. En un jour de péril, elle promit de faire dresser une chapelle en l’honneur de la Vierge mais de son vivant, elle ne fit sculpter qu’une statue, celle qui fut épargnée dans l’incendie du manoir ! Pour réparer son mensonge, il faut qu’un de ses héritiers tienne sa promesse ; en attendant, son fantôme annonce à sa famille tout nouveau revers.
- Quand la cloche de la chapelle de Gouvy sonnera, conclut-elle, mon âme sera libérée et ma famille redeviendra prospère !
Quelques mois plus tard, une chapelle neuve s’élevait. Le seigneur croyait être absout des fautes de son ancêtre, quand un de ses fermiers lui annonça le retour de la Dame Blanche. Dès le lendemain, il ordonna de faire venir au château Gilles Béhier qu’il traita de menteur et d’imposteur. Sans se troubler, Béhier rappela que la Dame avait parlé d’une cloche qui sonne ; pas seulement des murs de la chapelle !
Le sire de Gouvy était perplexe : pour qu’une cloche sonnât, il fallait qu’une messe soit dite, donc il fallait un prêtre attaché au domaine. C’était une grosse dépense pour une baronnie rurale en des temps calamiteux ! Mais la Dame avait prédit une nouvelle prospérité, il serait donc plus facile d’entretenir la rente du curé et de maintenir la chapelle. En homme avisé, le seigneur se décida à assurer l’investissement nécessaire et bientôt la cloche retentit sur toute la contrée.
La Dame Blanche ne vint plus troubler la tranquillité des habitants du lieu ; la prospérité revint à nouveau dans la propriété du manoir de Gouvy.
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Dans les fermes des environs accidentés de Chaindollé (ou plutôt Chênedollé), toutes les nuits, trois énormes chiens à longs poils parcouraient ainsi la contrée, passant de plaine en plaine, d’une masure à l’autre, rôdant autour des habitations, effrayant et poursuivant les bestiaux, faisant aussi la conduite aux humains à l’occasion, mais surtout s’attaquaient aux chiens de garde, qui, affolés, cassaient la chaîne et venaient ensuite, queue serrée et poil hérissé, se cogner dans les portes.Surexcités et furieux, les habitants s’unirent, s’armèrent, firent des battues pour essayer d’atteindre ces monstres : ce fut en vain.
Parfois, ils se laissaient entourer, mais au moment où on croyait les tenir, d’un bond, ils franchissaient le cordon de leurs agresseurs et continuaient leur ronde. Ils étaient insaisissables et leur audace allait grandissant.
Leurs lugubres exploits commençaient avec la nuit et leur insolence croissait jusqu’à aller s’introduire dans les maisons, par les volets des portes pour venir manger les légumes sur les soupes au milieu des membres de la famille anéantis et n’osant bouger.
La consternation régna longtemps dans le pays.
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Dans la plaine de Caen, un site remarquable s’appelle la Brèche au Diable : une montagne fendue comme par un coup d’épée et habitée par un torrent tumultueux ! D’un côté, des éboulis nés d’un chaos titanesque ou d’un jet de pierres diabolique ; de l’autre, un mur vide et nu, supportant un tombeau en équilibre au-dessus de l’abîme. C’est celui de l’actrice Marie Joly.
Le comte de Quesnay vivait dans son château, au milieu d’un riche domaine. Il était fier d’avoir un enfant tant aimé, du nom de Lucia. Elle avait une grâce délicate et parfaite et faisait figure de déesse. Tous l’adorait mais nul n’avait trouvé le chemin de son cœur. Seul un poète ou un chevalier put l’émouvoir et être aimé d’elle. Quelquefois, un barde ou un trouvère s’arrêtaient au château.
Un soir, un jeune et bel artiste vêtu de bleu se présenta. On lui fit place et, quand il voulut chanter, Lucia lui demanda le récit d’un preux chevalier. Il narra alors l’histoire du Chevalier Noir, du chevalier aux lions.
Toute la nuit, Lucia pensa aux exploits du Chevalier Noir ; au petit matin, elle interrogea pour savoir si cette histoire était fictive ou réelle, si elle pouvait espérer rencontrer ce preux. Le trouvère lui annonça qu’il se présenterait lui-même dans quelques temps : puisque le Chevalier Noir cherchait le bonheur près d’une femme belle et intelligente, il ne manquerait pas de passer par ce château. Un grand espoir anima Lucia à partir de ce moment.
Un jour, le comte annonça l’organisation d’un grand tournoi. Le vainqueur recevra la main de Lucia, après une année d’épreuves. Toute la Normandie se prépara pour ce tournoi.
Le jour venu, deux rangs de quarante chevaliers s’élancent en des combats acharnés. L’un après l’autre, ils sont déconfits. L’arène est jonchée de chevaux et de cavaliers blessés ou morts. Seul, un cavalier à l’armure noire restait debout ; il n’avait aucune blessure, aucune marque de coup.
En vainqueur du tournoi, il se présenta devant Lucia qui présidait la fête. L’écu de l’inconnu portait deux lions sous lesquels était gravée la devise : QUAND TROUVERAI ?
Le casque ôté, Lucia reconnut le trouvère au chant troublant. Le comte reconnut la victoire et renouvela sa promesse.
- Dans un an, jour pour jour, je reviendrai en ces lieux et offrirai à la reine de mes pensées, mes victoires et mon cœur.
Un soir d’orage violent, le château sembla éclater sous les coups. Au matin, Lucia avait disparu. Le diable l’avait enlevée et la retenait dans ses enfers pour l’asseoir sur le trône des ténèbres. Elle refusait en se refusant aux menaces et en devinant les craintes des siens au château du Quesnay.
Mais, trompant l’attention du démon épuisé par une nuit d’orgies, elle parvint à s’enfuir. Elle était heureuse de revoir le soleil, la lumière, les fleurs et le chant des oiseaux. Lucia retournait vers les siens, vers son château et son bonheur annoncé.
Le diable découvrant la disparition de la belle était fou de rage. Il brisa les rochers dans une colère infernale et retrouva Lucia évanouie au pied des pierres éclatées. Le diable s’élança pour se saisir de la belle, quand un chevalier vêtu de noir et portant un écu avec trois lions d’or surgit ; le diable ricanât, pensant réduire cet intrus dans les flammes. Lucia reconnut son héros et poussa un grand cri ; le diable recula et s’enfuit.
Le soir, le chevalier frappait à la porte du château, ramenant Lucia sur son destrier.
Bientôt le comte et la comtesse de Quesnay avaient recouvré la santé et le château put retentir à nouveau du bruit des fêtes.
Depuis plusieurs siècles, le château a disparu, mais les roches bousculées par le diable sont toujours présentes pour attester de l’histoire.

ZOUZOU


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MessageSujet: Légende d'Europe.   18.08.11 7:48

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