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 Légendes européennes.

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cosmos1
Le Pédagogue
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Pays: Belgique
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Humeur: Bonne

MessageSujet: Légendes européennes.   26.07.11 9:27

Rappel du premier message :

Bonjour à tout le monde, comme promis, voici la légende de Lorelei et Rhénanes. Je n'ai jamais trop de temps et c'est une sorte de bienvenue Lorelei.


Loreleï est une jeune fille qui, assise sur le rocher du même nom, chante magnifiquement. Les marins passent en bateaux et l'entendent. Ils sont comme envoutés par ce chant si beau, si mélodieux, qu'ils en oublient les courants du Rhin et chavirent.
À l’origine, la Loreleï a été conçue pour symboliser l’amour passionnel dans la littérature : dans une ballade (Zu Bacharach am Rheine..., 1801) du poète rhénan Clemens Brentano, la Lorelei apparut d’abord comme le nom d’une femme. Laure Lay a été trompée par son amant. Sur le chemin du cloître, elle veut jeter un dernier regard du rocher sur son château. Alors qu’elle pense voir un bateau s’éloigner, elle tombe dans le fleuve.
Brentano a écrit plusieurs variations du thème de la Loreleï. Le motif d’une femme blonde et malheureuse qui se peigne sur un rocher, apparaît pour la première fois dans son conte rhénan à partir de 1810.
Plus tard, elle passa d’un fantôme à une femme fatale. À la fin du xixe et au début du xxe siècle, elle prit pour quelques poètes la fonction de symbole national, semblable aux Valkyries. La littérature du xxe siècle se détourna de cette interprétation. Elle apparait sous de nombreuses formes dont certaines sont ironiques, et perpétue ainsi le mythe de la Lorelei.
En France, elle est surtout connue à travers le poème de Guillaume Apollinaire, La Loreley que l'on retrouve dans le recueil Alcools et qui est en fait une traduction/adaptation du poème de Brentano 2, ou encore dans Lorely de Gérard Labrunie dit Gérard de Nerval lors du récit de son voyage sur les bords du Rhin. Alors que pour d'autres, plus intéressés par la musique que par la littérature, Lorelei, la fée du Rhin, sera évoquée à travers des chansons comme Lorelei Sebasto Cha de Hubert Félix Thiéfaine, Laura Lorelei de Jacques Higelin, Loreley du groupe allemand Dschinghis Khan, When Mermaid's Cry de Eagle Eye Cherry, mais également par des artistes tels que The Pogues, Cocteau Twins, Theatre of Tragedy, Styx... Dans un autre registre, Roger Leloup, l'auteur belge de bandes dessinées, y fait de nombreuses références dans le deuxième album de Yoko Tsuno : L'Orgue du diable. Plus récemment, le groupe Scorpions en a tiré le titre du même nom dans son album Sting in the Tail


Lorelei (ou Loreley ou Loreleï) est le nom d'un rocher qui culmine à 132 mètres au-dessus du Rhin à proximité de Sankt Goarshausen (Saint Goarshausen en français) en Allemagne (Rhénanie-Palatinat)1. C'est l'endroit le plus étroit du fleuve entre la Suisse et la mer du Nord. L'avancée du rocher réduit d'un quart la largeur du fleuve. Le courant très violent et les nombreux rochers immergés ont causé de nombreux accidents de navigation1.
Loreley est aussi le nom d'une nixe (nymphe de la mythologie germanique) qui attire les navigateurs du Rhin à la perdition par ses chants, comme les sirènes de la mythologie grecque ancienne.
Cette légende de la Lorelei sur son rocher a inspiré de nombreux artistes, dont le poète allemand Heinrich Heine qui écrivit en 1824 l'histoire (Die Lore-Ley) qui sera mise en musique et popularisée par le compositeur Friedrich Silcher.
Le rocher de la Loreley est maintenant un site touristique très fréquenté, tant pour la beauté des lieux que pour la légende qui l'entoure.


Source : Wikipédia

ZOUZOU


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AuteurMessage
cosmos1
Le Pédagogue
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MessageSujet: Légende d'Europe.   07.08.11 13:19

Source : http://cyberpassions.over-blog.com

ZOUZOU
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cosmos1
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MessageSujet: Légende d'Europe.   16.08.11 8:50

Bonjour tout le monde.
Petite légende basque pour aujourd'hui.

Le Lamina et le tailleur de pierre

Voilà bien bien longtemps, dit-on, il y avait un tailleur de pierre.
Estimant qu'il se fatiguait à frapper contre la pierre et qu'il lui valait mieux être autre chose, il voulu être riche.
Comme il y avait en ce temps-là beaucoup de Laminak, un de ces Laminak l'entendit et, sur-le-champ, le fait riche.
Mais, sous prétexte qu'il y avait encore plus puissant que lui, il en eut assez de son sort, et il voulut être Empereur. Et le Lamina le fit Empereur.
Par un été brûlant, il fut importuné par le soleil, et il réfléchit qu'il lui valait mieux être Soleil. Et le Lamina le fit Soleil.
Mais, le temps s'étant un peu brouillé, un nuage se mit devant lui, et, offusqué, il pensa qu'il lui valait mieux être nuage. Et le Lamina le fit Nuage.
Mais tandis qu'il déversait des trombes de pluie sur la terre, il observa qu'il n'agitait même pas certains gros rochers, et plus tôt que nuage il eût mieux aimé être rocher. Et le Lamina le fit Rocher.
Mais un marteau de fer à la main, un homme le fit sauter morceau par morceau, et il cria qu'il lui fallait être cet homme-là. Et, l'ayant fait Tailleur de pierre, le Lamina lui dit en le persiflant :
Qui a l'un veut avoir l'autre ! Te voilà aussi avancé que devant ! Depuis maintenant, demeurons ainsi : moi Lamina et toi Tailleur de pierre.
Et le Lamina ne reparut plus jamais au tailleur de pierre.

Source : www.infobasque.com

Dans la mythologie basque, un lamina est un esprit de la nature ou un génie d'apparence humaine.
ZOUZOU


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mjo
le Sage
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Pays: Espagne
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MessageSujet: Re: Légendes européennes.   16.08.11 11:46

merci cosmos
ZOUZOU
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cosmos1
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MessageSujet: Légendes européennes.   16.08.11 15:06

Bonjour Mjo, j'ai pensé à toi et à ceux qui avait des difficultés de lecture, j'ai mis en grand les légendes.

ZOUZOU


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mjo
le Sage
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Pays: Espagne
Localisation: Dans mon monde

MessageSujet: Re: Légendes européennes.   16.08.11 15:29

tu es super cosmos un grand merci à toi.
ZOUZOU
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cosmos1
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MessageSujet: Légende d'Europe.   17.08.11 13:47

Bonjour tout le monde.

Gilles de Chin nait en Tournaisis, en Belgique vers la fin du XIe siècle. Seigneur de Berlaimont et de Chièvres, il part à la première croisade, celle de Godefroy de Bouillon de 1095-1099 avec Jean de Gavre, Baudouin II de Hainaut, appelé aussi Baudouin de Jérusalem (1056-1098) et Giblion de Trazegnies. En 1098, Baudouin II de Hainaut meurt en terre Sainte après la bataille d’Antioche.

Plus tard, Gilles de Chin devient conseiller du comte Baudouin IV de Hainaut (appelé aussi le Bâtisseur 1110-1171), puis, en 1117, il devient sire de Berlemont avec titre de baron, par héritage de son oncle Isaac de Berlemont.

En 1129, Gilles de Chin, grand voyageur, rejoint l’armée d’occupation en Palestine, entre les deux premières croisades et il s’y distingue par d’éclatants faits d’armes. Auréolé de cette gloire, il revient au pays et épouse Ide de Chièvres.

Gilles de Chin est un personnage réel, mais il appartient à la fois à l'histoire et à la légende. Le roman voit Gilles, sire de Chin et de Berlaimont, affronter en combat singulier des animaux sauvages et même un « Gayant » (géant), mais il ne mentionne pas la légende selon laquelle il fut confronté à un dragon qui au village de Wasmes qui «ruinoit les moissons, devoroit le petit et gros bétail et n'épargnoit pas même les hommes ».



~ La légende ~

On dit qu’à son retour de Palestine, ce chevalier, seigneur de Berlaimont et chambellan de Baudouin IV de Hainaut (le Bâtisseur), tua, d'après la tradition, le terrible dragon qui désolait, au commencement du douzième siècle, le territoire du village de Wasmes.




La mâchoire du dragon était terrifiante et ses pattes armées de griffes redoutables. Le déploiement de ses ailes s’accompagnait de craquements inquiétants.

Son repaire se situé au pied d’une colline d’où il menaçait la ville de Mons en Belgique. Dans le village de Wasmes, on montre encore de nos jours, sur le penchant d'une des deux collines, le prétendu repaire du monstre épouvantable dont la tête se trouve conservée à la bibliothèque publique de Mons.
La panique commençait à régner malgré les murailles qui protégeaient la cité. Dans les couvents et les églises, prêtres et religieux imploraient Dieu de libérer le comté de ce monstre diabolique, tandis que les meilleurs chevaliers estimaient n’avoir aucune chance de venir à bout d’un dragon dont ils ne pourraient même pas entamer la carapace. Le découragement grandissait dans la population, certains envisageaient de quitter le pays. C’est alors que le jeune et courageux chevalier, Gilles de Chin, prit la résolution d’affronter la monstrueuse créature.

Aussi voyait-on autrefois au portail de l'église de Wasmes deux tableaux, dont l'un représentait le chevalier Gilles de Chin armé, vêtu de sa cotte et combattant un dragon ; l'autre figurait le même chevalier priant à genoux devant Notre-Dame. Mais ces peintures, remontant au commencement du XVe siècle, ont disparu comme le tombeau du chevalier, et il ne reste pour tout monument du fameux combat qu'un tableau moderne qui le représente.

En 1133, Gilles de Chin partit à la rencontre du dragon qu’il trouva à proximité de son antre, au pied de la colline. Quand la bête aperçut le chevalier, elle poussa un hurlement à vous glacer le sang. Par de larges coups de queues, l’animal balayait le terrain derrière lui, brisant les arbustes. Son effroyable gueule et ses griffes essayaient d’atteindre le cavalier qui, virevoltait autour de lui. Songeant que la libération des Hennuyers dépendait de lui, Gilles reprit du champ pour frapper encore lorsqu’il vit venir à lui une svelte jeune fille, vêtue de blanc, portant d’une main un fagot d’épine et de l’autre une lanterne allumée. Gilles lui cria de prendre garde au dragon. Nullement impressionnée, elle le remercia d’un sourire et jeta le fagot à ses pieds. « Faites lui avaler ceci », dit-elle simplement.
En un seul mouvement, Gilles éleva le fagot au bout de sa lance vers l’horrible gueule, qui le happa aussitôt. Surpris par la douleur inattendue provoquée par les mille épines qui s’incrustaient dans la chair molle de son palais, le dragon relâcha un instant son attention, ce dont la jeune fille profita pour mettre le feu au fagot à l’aide de la flamme de sa lanterne.
Puis elle disparut aussi légèrement qu’elle était venue. Comme affolé de stupeur et de douleur, le monstre rugit épouvantablement tandis que Gilles, ayant enfin trouvé le défaut de la cuirasse, lui enfonçait sa lance dans le cœur. Dans un dernier soubresaut, le dragon tente d’écraser son vainqueur mais Gilles esquiva le danger. Faut-il dire que la reconnaissance des habitants de Mons envers Gilles de Chin l’accompagna toute sa vie.

La dépouille du dragon de Wasmes, fut transporté à Mons par ordre du comte Baudouin IV de Hainaut.

Gilles de Chin fit assécher les marais de Wasmes ce qui fit reculer certaines maladies dues à la présence de moustiques et au Moyen Âge la victoire sur la maladie était assimilée à une victoire du bien sur le mal. Voilà notre monstre réduit à la taille d’un moustique.

Cette légende s’est transmise à travers les siècles et en 1657 on montre à Mons, la tête du dragon qui aurait été conservée dans une abbaye (cette tête est celle d’un crocodile du Nil).




~ Son décès ~

Gilles de Chin participait à de nombreux tournois. C’est à l'occasion de l'un d'entre eux qu’il fut tué d’un coup de lance le 12 août 1137 au siège de Roucourt. On rapporta son corps au Monastère de Saint-Ghislain en Belgique et on l’inhuma dans l’église du monastère.

Sur sa sépulture on éleva un mausolée de marbre noir sur lequel il est représenté couché et revêtu de ses armes, tenant au bras gauche un écusson.

Voici l’inscription de cette tombe :
Ci-gist Messire Gilles de Chin
Chambellan de Haynnau,
Seigneur de Berlaymont,
Anssy Chièvres et de Sars de
par sa femme, Dame Idon, personnage
Digne de mémoire, tant pour
son zèle au service de Dieu, que
Par sa valeur dans les armes,
lequel aydé de la
Vierge tua un Dragon qui
faisait grand dégât au terroir
de Wasmes. Il fut enfin occys
Rallecourt, ayant donné de
grands biens à cette
maison, au village
dud, Wasmes,
Requiescat
In pace.

Cette tombe fut plus tard transférée à l’église paroissiale de Sainte-Waudru à Mons, elle est déposée sous la porte qui conduit à la bibliothèque publique de cette ville.

Dans l'église de l'ancienne abbaye de Saint-Ghislain se célèbre encore actuellement l'obit du célèbre chevalier Gilles de Chin. Il n'existe aucun titre qui institue l'obit. La seule pièce sur laquelle on se base pour le célébrer est un martyrologe manuscrit appartenant à l'église de Saint-Ghislain, lequel contient sur un feuillet final, entre autres mentions de même espèce, cette note: « Le 12 août obit de Gilles de Chin ».

A Mons, à l'anniversaire de la mort de ce chevalier, une messe est célébrée pour le repos de son âme.


ZOUZOU


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cosmos1
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MessageSujet: Légende d'Europe.   17.08.11 13:49

Source :http://www.fmgeneration.be
ZOUZOU


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MessageSujet: Légende européenne.   18.08.11 9:47

Bonjour à toutes et tous.

Quelle impopularité avait cette dame, dans les années 1600 ! Elle effrayait sans cesse les âmes de la paroisse de Saint Germain de Crioult, à quelques lieues de Condé sur Noireau. Elle effrayait et elle fascinait en même temps ; n’importe quel homme l’apercevait, il ne tarissait pas de propos dans les veillées : la Dame Blanche par ci, la Dame Blanche par là…
Il ne se passait pas un hiver sans qu’elle surgisse, ombre nébuleuse et vaporeuse, sur les murailles du manoir. Sa silhouette était celle d’une dame de grande famille, noble et fière ; elle s’arrêtait à un angle du mur, près de la porte d’entrée, et restait là comme un hôte qui attend son visiteur. Personne n’osait s’adresser à elle ; les voisins pressaient le pas dès qu’ils sentaient cette présence et les habitants du manoir restaient enfermés dans leur logis.
On remarquait depuis longtemps que les venues de la Dame précédaient toujours un grand malheur pour les seigneurs de la Rivière, qui tenaient le fief de Gouvy depuis plusieurs siècles déjà.
Une des apparitions de la Dame Blanche avait présagé du meurtre de Jean Jacques de la Rivière ; une autre avait devancé la mort mystérieuse de la châtelaine ; un violent incendie avait presque détruit le manoir, quelques jours après la venue du fantôme, n’épargnant qu’une statue de la Vierge dans un volute de l’escalier. À ces malheurs familiaux et domestiques, s’étaient ajoutées des calamités qui diminuaient d’autant les ressources de la famille, dont les revenus dépendaient des impôts prélevés sur les paysans : pluies anéantissant les récoltes, épidémies dans les étables…
Le domaine se dépréciait et ce n’était qu’un souvenir de grandeur quand il arriva, par héritage, entre les mains d’un jeune homme énergique et volontaire. Pour faire face aux créanciers, aux tuteurs et affirmer son autorité sur ses vassaux, il ne comptait que sur lui et voulut percer le secret de cette Dame Blanche !
Un soir, Gilles Béhier, fermier de la Vieuville, était venu porter quelques chapons au manoir. Il travaillait aux champs pendant tout l’été ; l’hiver, il pratiquait divers métiers, notamment ceux qui intriguent et troublent les petites gens ! Désenvoûteur, rebouteux, charlatan … Il soignait et guérissait aussi bien les maîtres que les troupeaux, intercédait près des esprits et peut-être des démons !
Béhier avait remarqué l’air soucieux du jeune maître de Gouvy, resté insensible aux chapons apportés par le fermier. Il interrogea son maître qu’il connaissait depuis toujours.Après quelques instants, le châtelain avoua la venue répétée de la Dame Blanche et celle prochaine d’un nouveau désastre ; Béhier répartit que les Dames Blanches, si elles annonçaient les malheurs, ne les provoquaient pas elles-mêmes. C’étaient souvent des morts agités qui cherchaient un prêtre pour dire des messes pour leur repos ! Béhier conseilla d’interroger la Dame Blanche pour connaître ses désirs ; le jeune seigneur voulut l’accompagner.
- Vous ignorez la façon de s’entretenir avec les spectres et, comme cette dame semble s’en prendre à votre famille, elle risque de vous emporter avec l’aide des démons.
Après maintes discussions, ils se mirent en chemin.
Le seigneur de Gouvy chevauchait sa jument Marjolaine. Tout à coup, cette dernière fit un écart. La Dame Blanche était debout au milieu de la route, le regard doux et le front triste. Le paysan fit un signe de croix, mais l’apparition restait là et regardait plutôt le jeune homme.
D’une voix légère, elle se présenta : Jeanne de Missy, épouse de Jacques de la Rivière. En un jour de péril, elle promit de faire dresser une chapelle en l’honneur de la Vierge mais de son vivant, elle ne fit sculpter qu’une statue, celle qui fut épargnée dans l’incendie du manoir ! Pour réparer son mensonge, il faut qu’un de ses héritiers tienne sa promesse ; en attendant, son fantôme annonce à sa famille tout nouveau revers.
- Quand la cloche de la chapelle de Gouvy sonnera, conclut-elle, mon âme sera libérée et ma famille redeviendra prospère !
Quelques mois plus tard, une chapelle neuve s’élevait. Le seigneur croyait être absout des fautes de son ancêtre, quand un de ses fermiers lui annonça le retour de la Dame Blanche. Dès le lendemain, il ordonna de faire venir au château Gilles Béhier qu’il traita de menteur et d’imposteur. Sans se troubler, Béhier rappela que la Dame avait parlé d’une cloche qui sonne ; pas seulement des murs de la chapelle !
Le sire de Gouvy était perplexe : pour qu’une cloche sonnât, il fallait qu’une messe soit dite, donc il fallait un prêtre attaché au domaine. C’était une grosse dépense pour une baronnie rurale en des temps calamiteux ! Mais la Dame avait prédit une nouvelle prospérité, il serait donc plus facile d’entretenir la rente du curé et de maintenir la chapelle. En homme avisé, le seigneur se décida à assurer l’investissement nécessaire et bientôt la cloche retentit sur toute la contrée.
La Dame Blanche ne vint plus troubler la tranquillité des habitants du lieu ; la prospérité revint à nouveau dans la propriété du manoir de Gouvy.
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Dans les fermes des environs accidentés de Chaindollé (ou plutôt Chênedollé), toutes les nuits, trois énormes chiens à longs poils parcouraient ainsi la contrée, passant de plaine en plaine, d’une masure à l’autre, rôdant autour des habitations, effrayant et poursuivant les bestiaux, faisant aussi la conduite aux humains à l’occasion, mais surtout s’attaquaient aux chiens de garde, qui, affolés, cassaient la chaîne et venaient ensuite, queue serrée et poil hérissé, se cogner dans les portes.Surexcités et furieux, les habitants s’unirent, s’armèrent, firent des battues pour essayer d’atteindre ces monstres : ce fut en vain.
Parfois, ils se laissaient entourer, mais au moment où on croyait les tenir, d’un bond, ils franchissaient le cordon de leurs agresseurs et continuaient leur ronde. Ils étaient insaisissables et leur audace allait grandissant.
Leurs lugubres exploits commençaient avec la nuit et leur insolence croissait jusqu’à aller s’introduire dans les maisons, par les volets des portes pour venir manger les légumes sur les soupes au milieu des membres de la famille anéantis et n’osant bouger.
La consternation régna longtemps dans le pays.
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Dans la plaine de Caen, un site remarquable s’appelle la Brèche au Diable : une montagne fendue comme par un coup d’épée et habitée par un torrent tumultueux ! D’un côté, des éboulis nés d’un chaos titanesque ou d’un jet de pierres diabolique ; de l’autre, un mur vide et nu, supportant un tombeau en équilibre au-dessus de l’abîme. C’est celui de l’actrice Marie Joly.
Le comte de Quesnay vivait dans son château, au milieu d’un riche domaine. Il était fier d’avoir un enfant tant aimé, du nom de Lucia. Elle avait une grâce délicate et parfaite et faisait figure de déesse. Tous l’adorait mais nul n’avait trouvé le chemin de son cœur. Seul un poète ou un chevalier put l’émouvoir et être aimé d’elle. Quelquefois, un barde ou un trouvère s’arrêtaient au château.
Un soir, un jeune et bel artiste vêtu de bleu se présenta. On lui fit place et, quand il voulut chanter, Lucia lui demanda le récit d’un preux chevalier. Il narra alors l’histoire du Chevalier Noir, du chevalier aux lions.
Toute la nuit, Lucia pensa aux exploits du Chevalier Noir ; au petit matin, elle interrogea pour savoir si cette histoire était fictive ou réelle, si elle pouvait espérer rencontrer ce preux. Le trouvère lui annonça qu’il se présenterait lui-même dans quelques temps : puisque le Chevalier Noir cherchait le bonheur près d’une femme belle et intelligente, il ne manquerait pas de passer par ce château. Un grand espoir anima Lucia à partir de ce moment.
Un jour, le comte annonça l’organisation d’un grand tournoi. Le vainqueur recevra la main de Lucia, après une année d’épreuves. Toute la Normandie se prépara pour ce tournoi.
Le jour venu, deux rangs de quarante chevaliers s’élancent en des combats acharnés. L’un après l’autre, ils sont déconfits. L’arène est jonchée de chevaux et de cavaliers blessés ou morts. Seul, un cavalier à l’armure noire restait debout ; il n’avait aucune blessure, aucune marque de coup.
En vainqueur du tournoi, il se présenta devant Lucia qui présidait la fête. L’écu de l’inconnu portait deux lions sous lesquels était gravée la devise : QUAND TROUVERAI ?
Le casque ôté, Lucia reconnut le trouvère au chant troublant. Le comte reconnut la victoire et renouvela sa promesse.
- Dans un an, jour pour jour, je reviendrai en ces lieux et offrirai à la reine de mes pensées, mes victoires et mon cœur.
Un soir d’orage violent, le château sembla éclater sous les coups. Au matin, Lucia avait disparu. Le diable l’avait enlevée et la retenait dans ses enfers pour l’asseoir sur le trône des ténèbres. Elle refusait en se refusant aux menaces et en devinant les craintes des siens au château du Quesnay.
Mais, trompant l’attention du démon épuisé par une nuit d’orgies, elle parvint à s’enfuir. Elle était heureuse de revoir le soleil, la lumière, les fleurs et le chant des oiseaux. Lucia retournait vers les siens, vers son château et son bonheur annoncé.
Le diable découvrant la disparition de la belle était fou de rage. Il brisa les rochers dans une colère infernale et retrouva Lucia évanouie au pied des pierres éclatées. Le diable s’élança pour se saisir de la belle, quand un chevalier vêtu de noir et portant un écu avec trois lions d’or surgit ; le diable ricanât, pensant réduire cet intrus dans les flammes. Lucia reconnut son héros et poussa un grand cri ; le diable recula et s’enfuit.
Le soir, le chevalier frappait à la porte du château, ramenant Lucia sur son destrier.
Bientôt le comte et la comtesse de Quesnay avaient recouvré la santé et le château put retentir à nouveau du bruit des fêtes.
Depuis plusieurs siècles, le château a disparu, mais les roches bousculées par le diable sont toujours présentes pour attester de l’histoire.

ZOUZOU


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MessageSujet: Légende d'Europe.   18.08.11 9:48

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